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Interview : Maxime Schucht (Oxygen)

Depuis 2002, Maxime Schucht est le chanteur et compositeur d’Oxygen, un groupe qui délivre une alchimie parfaite entre l’efficacité des mélodies pop et la noirceur mélancolique du son rock. Leur nouvel album est sorti le 3 mars : Le dernier clair de lune, six ans après leur premier opus déjà prometteur, Poussière d’étoiles, puis en 2006 Supernova & the Dark Side of the Pop. Oxygen sera à La Boule Noire le 3 avril. L’occasion pour le groupe de jouer en live sa nouvelle set-list. Entretien avec le charismatique leader.


Avant de lire cette interview je vous invite à la télécharger en pdf ! Cinq pages avec une petite maquette créée pour l’occasion, n’hésitez pas à me laisser votre avis svp ! Un petit aperçu pour vous donner l’envie ! (Vous pouvez aussi cliquer sur les images pour les voir en plus grandes mais elles seront en basse définition).

CLIQUEZ ICI POUR LIRE CETTE INTERVIEW AVEC UNE MISE EN PAGE SPÉCIALE

Comment est né Oxygen ?

Maxime : Après la séparation de mon premier groupe (Vitamins), j’ai mis la musique un peu de côté pendant une année puis j’y suis naturellement revenu assez rapidement. J’ai alors décidé de me lancer dans un projet, tout d’abord seul mais sous un nom de groupe ,en attendant de rencontrer les bonnes personnes avec qui partager l’aventure. Anne, Pierre et Stéphane ont successivement rejoint le projet et ainsi est né Oxygen dans sa forme définitive.

Vos albums évoquent beaucoup l’amour, la sexualité, la mort, un coté « romantisme noir ». Des thèmes qui touchent beaucoup les adolescents, majeure partie du public d’Oxygen, vous attendiez vous à cela ?

J’aborde ces thèmes de manière assez naturelle puisqu’ils traduisent finalement mes préoccupations, mes émotions et mon ressenti dans la vie. Je suis très attiré par tout ce qui touche aux émotions et aux sensations et j’essaye de retranscrire cela dans la composition et l’écriture. Je ne me suis jamais dit « tiens je vais écrire pour un certain public », le fait de toucher particulièrement un public adolescent a donc été a la fois une surprise tout en étant assez naturel puisque je pense que je suis encore un peu prisonnier de tous les doutes propres à l’adolescence. Je n’ai peut-être pas vraiment fini de grandir.

La chanson Outre-Tombe parle de vos premières parties d’Indochine sur la tournée Alice & June. Des angoisses et de l’extase procurés à ce moment. Comment s’est déroulée cette aventure ?

Nicola Sirkis a écouté notre musique, est venu nous voir en concert et a, j’imagine, apprécié ce qu’il a vu et entendu. Début 2006 il a évoqué dans des inteviews son envie de nous prendre en première partie mais nous n’avions pas encore eu de contacts direct à ce sujet avec lui. C’est durant l’été 2006 que nous avons reçu un coup de fil de Nicola pour nous proposer les premières parties. Nous étions complètement euphoriques car c’était un double événement pour nous, à la fois connaître le frisson de très grandes salles de concert mais également la joie d’ouvrir pour un groupe qui a énormément compté dans nos vies musicales. Après l’euphorie est venue l’angoisse d’être à la hauteur, car se retrouver devant 7 000 à 12 000 personnes qui ne sont pas venus pour vous au départ n’est pas quelque chose de facile ! Nous avons énormément travaillé pour être vraiment prêts.

L’expérience a été incroyable, un mélange de stress et de rêve, c’était magique d’entendre notre musique se propager dans ces grandes salles, le public a été adorable et nous a réservé un accueil chaleureux, toute l’équipe de la tournée nous a également vraiment bien accueillis ! Ces concerts resteront gravés dans ma mémoire comme quelques uns des plus beaux moments de ma vie.

Quelles sont vos influences ?

C’est toujours difficile de citer des influences sur le plan musical, parce qu’on écoute beaucoup de choses très différentes que l’on ne reconnaît pas nécessairement au premier abord dans notre musique. Nous sommes en fait influencés par tout ce qui est ultra mélodique, ça va des Beatles, à la pop et au rock des années 80 avec des groupes comme Indochine, The Cure, U2, en passant par des groupes comme Nirvana ou Placebo. Au final, nous essayons de faire une musique qui nous est propre même si évidemment nous n’avons pas la prétention de réinventer le pop-rock.

Tu étais juriste auparavant. N’était-ce pas dur de jongler entre la vie d’artiste et de juriste ?

Si aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir me consacrer uniquement à la musique, j’ai en effet mené pendant une période cette double vie. Malgré le succès naissant du groupe, nous ne pouvions pas encore vivre de la musique et je continuais donc a exercer à coté, un travail a responsabilité dans le domaine du droit. Je suis content de pouvoir parler de ça car c’est quelque chose que peu de gens imaginent. Il est difficile aujourd’hui de ne vivre que de la musique et bien des artistes que vous voyez sur scene ou entendez à la radio doivent à côté avoir un travail plus « classique ».

Cette double vie est souvent difficile. Matériellement tout d’abord car il n’est pas aisé de se combiner ce travail et les concerts, interviews ou enregistrements. Psychologiquement aussi, car pour prendre un exemple personnel, se retrouver au lendemain d’un concert devant 10 000 personnes (lors des premieres parties d’Indochine) dans un bureau a devoir être à 100% concentré sur un dossier, est quelque chose de très déroutant.

Cependant, il faut relativiser et se dire que c’est au contraire une chance énorme et finalement un confort que de pouvoir vivre des choses aussi incroyables. Il y a des situations bien plus compliquées que ça dans la vie et ce serait déplacé au final de pleurer sur son sort.

Vos communiquez souvent avec vos fans sur MySpace ou facebook, il existe une réelle proximité entre eux et le groupe. Pourquoi cette volonté ?

C’est quelque chose de naturel pour nous. C’est grâce a nos fans que nous avons la chance de vivre l’aventure incroyable que nous vivons et c’est donc naturel de les associer le plus possible à la vie et aux projets du groupe. Leur soutien nous touche beaucoup et on a envie du coup de leur témoigner autant d’affection en retour. C’est passionnant en plus de connaître le ressenti des personnes qui écoutent notre musique, on la redécouvre d’une certaine manière, on voit comment les gens la ressentent et se l’approprient. C’est pour toutes ces raisons que nous tenons a être le plus disponible possible pour notre public.

Tu es en couple avec Anne, la guitariste du groupe, est-ce difficile de passer de la vie quotidienne avec elle à la scène entre « collègues » ?

Anne et moi sommes en effet mariés depuis plusieurs années. C’est avant tout un immense bonheur que de pouvoir partager avec sa moitié quelque chose d’aussi intense que l’aventure musicale que nous vivons. Je pense que c’est souvent difficile de partager la vie d’un artiste lorsqu’on ne vit pas soit même une aventure artistique. La vie artistique est quelque chose de tellement fort et tellement passionnelle que la personne avec qui l’on vit peut se sentir un peu perdue et à l’écart, presque trompée. Un groupe, c’est parfois un peu une deuxième vie amoureuse et c’est donc vraiment une chance de pouvoir partager à 100% l’euphorie et les doutes de la vie de groupe avec la personne que l’on aime.

La difficulté en revanche, comme le suggère ta question, c’est de passer de la relation de couple à celle de collègues lorsque nous sommes dans le cadre d’Oxygen. Il est parfois difficile de se détacher émotionnellement de l’autre et de ne pas prendre trop personnellement des reproches ou des directives qui concernent uniquement le travail dans le groupe. De même, il peut arriver que j’ai moins de tact pour donner une consigne ou faire un reproche à Anne lors d’une répétition que lorsque je m’adresse à Pierre ou Stéphane. Il faut réussir à se dire que l’autre nous parle dans ces moments en tant que membre du groupe et pas en tant que conjoint.

Il faut également arriver à laisser à la porte de la salle de répétition ou de la salle de concert les petits tracas ou différents qui arrivent nécessairement dans une vie de couple.

Tu as collaboré avec Pascal Pacaly pour une nouvelle de son roman « Rock Stories », que penses tu de la version finale ?

Je n’ai pas réellement collaboré puisque nous avons simplement raconté la vie de notre groupe à Pascal qui a ensuite écrit seul la nouvelle. Le mérite lui revient donc entièrement. J’aime vraiment le concept qu’a eu Pascal de réunir l’histoire de différents groupes dans un bouquin et de « romancer » ces histoires en les encrant dans des contextes fictifs extraits de l’univers des groupes. On s’éloigne de la biographie classique en confrontant le réel et l’imaginaire de chaque groupe. C’est difficile ensuite de se prononcer sur la nouvelle nous concernant car c’est assez particulier de retrouver des choses parfois très intimes de nos vies racontées à travers les mots de quelqu’un d’autres, en tout cas c’est un très beau projet.

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Clip Extase-X | 1er single issu du nouvel album,  Le dernier clair de lune.

Quels sont les projets d’Oxygen?

Le principal projet c’est bien évidemment la scène avec des concerts à partir du mois d’avril en France et en Belgique pour défendre en live le nouvel album.

Nous travaillons également activement sur le développement du groupe et nous devrions annoncer au fur et mesure d’autres projets et encore plus de dates. Nous allons également lancer très bientôt une sorte de journal Web d’Oxygen qui permettra de suivre très régulièrement au travers de photos, textes et vidéos les coulisses de la vie du groupe.

Oxygen a participé aux deux éditions des Divisions de la Pop, y serez vous encore cette année?

Si une nouvelle édition a lieu nous devrions en faire partie.

N’est ce pas frustrant de voir de plus en plus de chanteurs issus de la téléréalité ou de plans commerciaux etre distribués dans le commerce alors que de petits groupes pop/rock français essayent de se faire une place ?

Le problème n’est pas tant que ces artistes soient produits mais qu’une grande partie des professionnels du milieu ne fassent plus la démarche de produire autre chose que des artistes issus de ce type de parcours ou des artistes « bobo-parisiens ». Nous sommes les premiers spectateurs du décalage qui existe entre ce qu’une énorme partie du public a envie d’entendre et ce vers quoi se tournent les professionnels du milieu. Ça peut parfois être frustrant en effet mais l’important reste le public et nous avons la chance d’en avoir un, ce qui permet de relativiser tout ça. C’est bien plus gratifiant d’être aimé pour notre musique que pour une image qui serait le résultat d’un simple plan marketing !

Vos concerts sont assez longs et votre album comporte 16 titres, c’est beaucoup non?

Nous avons pas mal de morceaux avec trois albums maintenant et du coup cela permet de faire des concerts plus longs. Nous essayons de trouver un juste milieu entre le concert trop court et le concert trop long qui devient ennuyeux. Il faut que ça reste un instant hors du temps un concert, avec suffisamment de magie mais aussi une petite frustration que ce soit fini, donc il ne faut pas non plus éterniser le set.

Pour le dernier album qui comporte 16 titres, ça a été un choix difficile car nous sommes arrivés en studio avec plus de 20 morceaux préproduits. Nous avons finalement enregistré 17 morceaux, 16 d’entre eux figurent sur l’album et un inédit (Image) figure en face B du premier single. L’album est long mais nous le voulions vraiment comme un voyage dans notre univers, qui prend le temps de parcourir toutes nos différentes facettes musicales. Aucun morceau n’est la en remplissage, nous croyons réellement en chacun des morceaux et en son importance sur cet album

Que penses tu du nouvel album d’Indochine ?

Je ne connais pour l’instant que le premier single car au moment où je te réponds l’album n’est pas encore sorti. J’adore vraiment le premier single qui a un certain parfum d un de mes albums préférés d’Indo, « Un jour dans notre vie ». J’attends impatiemment l’album !

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Quel est ton rêve ?

Question difficile, je dirais qu’aujourd’hui mon principal rêve serait de vivre encore longtemps et encore plus fort les instants magiques que je vis avec Oxygen, notamment les émotions que me procurent les moments partagés avec le public.

L’endroit où tu aimerais jouer ?

L’Olympia car c’est une salle mythique que j’adore vraiment (et puis le nom en lettre rouge, ça serait la classe). Et puis aussi le stade de france pour la démesure, ça fait rêver!

La personne avec qui tu rêverais de faire un duo ?

Etienne Daho, un artiste et une voix que j’adore et qui dégage sur scène une naïveté et une sincérité dont je me sens très proche.

Si une chanson d’Oxygen devait faire partie de la B.O. d’un film, laquelle serait l’idéale et dans quel film ?

Sans hésitation, « Voyage vers Xibalba » la derniere chanson du nouvel album, pour la B.O du film The Fountain de Darren Aronofsky. La réponse était facile car j’ai écris cette chanson juste après avoir vu le film, elle en est directement inspirée. Je m’étais même amusé a faire un petit montage vidéo d’extraits du film sur la musique.

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À propos de cette interview : Elle a eu lieu par échange de mails. Je connais Oxygen depuis quelques années grâce à leur MySpace. Je les ai vu en concert quelques fois et j’avais discuté avec Maxime après un show acoustique de Daisybox (critique de leur nouvel album + interview du groupe bientôt en ligne !), qui, à ma grande surprise, me connaissait ! Puis très récemment sur facebook, alors qu’on papotait je lui ai proposé l’interview pour mon blog et il l’a accepté tout de suite. Si tout va bien, 3 questions de cet entretien seront publiées dans l’actu. Je me suis lancé comme défi de réaliser une maquette pour cette interview. Celle que vous pouvez télécharger ici. Ça m’a permis de bien taquinner InDesign et de m’entraîner pour des prochaines fois. Bref à vendredi pour ceux qui seront au concert, venez les voir, ça déchire ! Et puis il y a une grande proximité avec le groupe, c’est tellement rare maintenant. Découvrez-les vite !

Cliquez ici pour acheter un billet pour vendredi, 12 euros le concert, avec Anatomie Bousculaire en première partie.

■ Photos : Claire Lise Havet

■ MàJ : Le concert était excellent ! Quelques photos et bientôt une vidéo de Je rêve si le son est pas trop naze.


Interview : Nicola Sirkis et Boris Jardel

En exclusivité pour mon blog, voici l’intégralité de l’interview de Nicola Sirkis et de Boris Jardel à l’occasion de la sortie de La République des Météors, onzième album studio d’Indochine. Cinq questions de cet entretien sont parues dans le quotidien l’actu (voir bas de l’article).



Comment est né cet album, au niveau des compositions tout d’abord ?

Nicola Sirkis : On a commencé par organiser des sessions d’enregistrements de septembre 2007 à mai 2008, entre Paris et la Normandie, où un studio nous attendait. Le même dans lequel on avait enregistré Alice & June, c’est un super endroit, il y a tous les instruments qu’on veut !

Boris Jardel : On a donc sonné le rappel pour qu’on reprenne tous tranquillement le chemin des studios.

Nicola : Et donc chaque membre amenait des compos, des idées d’accords, de sons, on mixait tout ça.

Boris : Par exemple je me ramenais quelques accords de guitare, Oli aussi… Le travail d’un membre va en inspirer un autre et ainsi de suite, on fait toujours comme ça.

Nicola : Et donc les morceaux sont nés comme ça petit à petit. Enfin ça doit être aussi comme ça dans les autres groupes je pense.


Et au niveau des textes, où as-tu puisé ton inspiration Nicola ?

Nicola : Et bien, à la différence de Paradize et d’Alice & June, là je n’avais aucune idée de ce que j’allais écrire. Rien ! Pour Paradize je voulais parler de religion, j’avais déjà la pochette en tête, Alice & June j’avais ce concept de conte de fées déglingué, mais pour ce nouvel album, je n’avais vraiment aucune idée. C’était assez angoissant d’ailleurs. Je me suis demandé comment trouver des idées, puis j’ai voyagé en Europe, en Allemagne, en Finlande et j’ai visité l’exposition de Sophie Calle à Venise, c’est une artiste que j’aime beaucoup. Elle dévoilait un e-mail de rupture reçu de son amant et invitait 107 femmes à le commenter. Elle exposait cette énorme part d’intimité, ce côté impudique… Puis, j’ai été amené par hasard à lire des lettres de soldats qui partaient à la Première Guerre mondiale. Ça m’a bouleversé de lire ces écrits d’anonymes. Partir si jeune, abandonner sa famille, c’est horrible. C’est pour ça que les thématiques de La République des Météors sont l’absence et la rupture. On n’est pas maître de son destin, écrasé comme des météores…


Cette histoire de lettre se ressent énormément dans La Lettre de Métal

Nicola : Oui, car en plus de lire ces lettres dans des bouquins, une connaissance m’a passé celle de son grand-père. C’était vraiment poignant… C’est celle qu’on peut voir dans le livret.

Pourquoi avoir choisi Suzanne Combo (Sue, bassiste et chanteuse de Pravda) pour deux duos de cet album ?

Nicola Sirkis : Quand elle a fait nos premières parties nous sommes rapidement devenus proches. Et lorsque j’ai commencé à écrire la chanson Un ange à ma table, je l’ai invité et on a travaillé dessus. Ça s’est fait naturellement et à ma grande surprise ça sa voix rendait la chanson beaucoup plus intense, donc voilà.


En parlant de duo, à quand un duo avec Boris ?

Boris : Oula ! (rires)

Nicola : Ah mais quand il veut ! D’ailleurs je voulais qu’il chante sur L World.

Boris : Je fais déjà quelques chœurs et j’avais repris Wonderwall d’Oasis au moment des concerts acoustiques. Le problème c’est que je ne sais pas si je pourrai faire plus, si j’ai le niveau, je suis juste un grand débutant. Mais ce n’est pas un souci, je veux dire, au sein d’Indochine, ce n’est pas quelque chose qu’on me refuserait, mais chanter en live, au milieu de la scène comme Nico, et ben je ne sais pas si j’aurai les couilles de le faire !

Nicola : Oli aussi a fait quelques tentatives avec nous… (rires)

Boris : Oui mais pas longtemps ! (rires)


Justement Boris, où en est ton projet musical, Supervision 3 (un groupe collectif mené par Boris) ?

Nicola : Je vous laisse tous les deux pendant que tu réponds, je vais faire pipi.

Boris : Alors là on est en train d’enregistrer des démos. Je suis content car ça se met bien en place. Je suis toujours occupé d’un point de vue musical, soit avec ce collectif, soit avec Indochine. Je ne sais pas encore si un album sortira mais en tout cas ça avance bien ! Ce qui est marrant, c’est qu’au début de la création, il y a à peu près deux ans, j’avais tout : le nom du groupe, le style musical, mais pas les chansons ! Et petit à petit j’ai monté mes propres trucs. Je suis content que tu me poses cette question, merci !

Nicola revient, va chercher un petit pot de bonbons et m’en propose un.

Nicola, tu as écouté les démos de Boris ? Tu en penses quoi ?

Nicola : Ah moi j’adore ! Mais de toute façon je suis pour que chaque membre du groupe fasse ce genre de chose, ça permet d’enrichir son univers musical. Ça ne peut être que positif.


Revenons à l’album, qui parle d’absence et de guerre, de ces jeunes soldats partis au front très jeunes. Justement toi Nicola, qu’aurais tu fais si tu avais dû partir à la guerre comme ça ?

Nicola : Oula ! Je ne sais absolument pas. C’est difficile d’en parler, c’était un autre siècle, un monde injuste, on devait être désespéré. Peut-être que j’aurais déserté, je ne sais pas. À 17 ans, on a peur de rien donc je ne sais pas trop, ce qui est sûr c’est que j’aurais foutu le bordel. Mais bon, on n’a pas trop le choix, le pouvoir n’est pas entre nos mains. Quoiqu’il arrive, j’aurais refusé de mourir sans être révolté.


Toujours sur cet album, il y a plusieurs instruments insolites, qui les a choisi ?

Nicola : Oli a amené pas mal de choses, du ukulélé, bandonéon, des piano-jouets… On voulait tenter des expériences musicales. On a dépouillé un peu tout ça et l’album est très riche de ce point de vu, mais pas trop chargé non plus.


À propos de la pochette, comment s’est-elle créée ?

Nicola : J’ai demandé à Peggy (photographe et graphiste d’Indochine depuis Dancetaria) de la faire. Je voulais un patchwork de tout cela. Un truc à la Sergent Pepper’s des Beatles, ça fait longtemps que je voulais ça. Je crois juste qu’il manque quelques acteurs, il ne devait pas y avoir assez de place, ce n’est pas grave. En tout cas je suis très satisfait de cette pochette ! Peggy m’a montré quelques projets sans que je lui donne de grosses indications et elle a fait ce boulot superbe. J’étais vraiment content et surpris par ce très bon boulot !

La tournée démarre en octobre prochain. Comment va se dérouler ce Meteor Tour ? Il y aura des décors comme pour le Alice & June Tour ? Ou ce sera différent ?

Nicola : Il n’y aura pas de décors. Mais d’autres choses… Vous verrez, ce sera encore différent, pas radicalement différent mais quand même différent. On veut que lorsque le spectateur sorte de la salle, il soit bouleversé par son concert !


Et pour le Stade de France ?

Nicola : Pareil, ce sera différent. Il y aura des invités aussi. Pour l’instant je ne peux pas trop en dire plus. Mais ce ne sera pas pareil que pour le Meteor Tour, puisque les salles de concerts sont fermés, là c’est ouvert, on commencera quand il fera jour, donc ce sera très différent.


Pas trop stressé ?

Nicola : Stressé ce n’est pas le bon mot. À la fois angoissé, mais aussi impatient. Enfin, j’aurais quand même le trac avant de monter sur scène, ça c’est sûr !


Et toi Boris ?

Boris : Non ça va ! Pour la tournée, ça fait 11 ans que je fais les zéniths, je les connais. Le Stade de France ce sera énorme, c’est dans longtemps donc je ne me rends pas encore bien compte. Par contre ces derniers temps je fais toujours le même rêve à la con. J’arrive sur scène, complètement nu, mes cordes de guitare se cassent et… je me réveille ! Et là je me dis : ouais c’est bon t’as encore le temps !

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Sur foi de préventes, l’album est déjà disque d’or en Belgique, une dizaine de zéniths sont déjà complets, de nouvelles dates annoncées, 53 000 places du Stade de France sont vendues… Vous attendiez-vous à cette agitation ?

Nicola : Non non ! On ne s’attend jamais au succès. Cet album est le plus attendu, je ne sais pas vraiment pourquoi… L’impatience d’entendre des nouveaux morceaux est énorme. On a de la chance, il n’y a eu aucune fuite sur cet album en plus.

Boris : C’est peut-être parce qu’on mettait la webcam en ligne pendant les sessions de répète sur notre site. C’est frustrant d’avoir la vidéo et pas le son !


Des concerts sont complets alors que l’album n’a même pas encore été écouté !

Nicola : Oui, c’est assez incroyable. Notre public est vraiment extra-ordinaire. Ils aiment les live d’Indochine ! De toute façon, tout le monde s’accorde sur ce point-là, que Indochine en live, qu’on aime ou qu’on déteste, ça ne te laisse pas indifférent.

Boris : Oui c’est vrai.


Dans certains morceaux, il y a des références politiques… Principalement dans Playboy, quand tu dis : « Moi j’ai du mal avec les artistes, surtout les français qui habitent en Suisse« …

Nicola : Oui. Car j’ai été choqué, enfin, on a été choqué de beaucoup de choses. Notamment que le Président avait invité des artistes exilés fiscaux pour sa victoire en mai 2007… On subit, mais on n’est pas dupe, on vit dans cette espèce de génération sacrifiée où on vend notre émotion.


La chanson Bye Bye Valentine s’adresse à ta fille Théa, qui a 7 ans. Comment vis-tu ta relation avec elle ?

Nicola : Super bien ! Je suis aux anges, on écoute l’album ensemble, on le chante dans la voiture, elle est contente. Elle l’adore, et moi c’est la première fois que j’écoute un album d’Indochine ! Là je prends plaisir à écouter tout notre travail et elle me félicite, c’est très touchant.


Pourquoi ne pas la faire chanter sur un morceau ?

Nicola : Elle n’a pas voulu ! Au début elle devait, sur Je t’aime tant, et finalement elle a renoncé, tant pis !


Tu aimerais qu’elle devienne chanteuse ? Comme son papa ?

Nicola : Ça m’est égal. Elle fait ce qu’elle veut, tant qu’elle est heureuse. Si elle se lance dans la musique, je la suivrai de très près quand même ! Mais là elle veut devenir vétérinaire et star !

Boris : La mienne veut devenir libraire en ce moment.

Nicola : Ah mais c’est très bien ça !


Elle écoute quoi en plus d’Indochine ?

Nicola : Renan Luce et CSS, et je trouve ça très bien. Et le soir Le Soldat Rose, très sympa aussi.


Pour terminer, mais tu n’es pas obligé de répondre, tu as déclaré sur France 2 ne pas avoir lu le livre de ton grand frère Christophe Sirkis (Starmustang, livre peu flatteur envers Nicola, que Christophe accuse d’avoir laissé Stéphane mourir, et d’être un manipulateur). Est-ce que depuis tu l’as lu, ou le feras tu un jour ?

Nicola : Non. J’en ai pas l’intention. Ah si, je le lirai quand je serai mort !

À propos de cette double interview : Elle a eu lieu le vendredi 6 mars, à l’hôtel Park Hyatt, rue de la Paix, à Paris. Après avoir réécouté l’album et découvert en exclusivité le livret et donc l’art-book de Peggy M et les paroles, j’ai eu 30 minutes d’entretien en privé dans une pièce très classe avec Nicola et Boris. C’est la deuxième fois que j’interviewais Nicola, c’est encore un très bon souvenir, une personne sympathique et gentille, tout comme Boris, que je connaissais moins !

Cinq questions de cette interview posées à Nicola Sirkis ont été publiées dans l’actu du jeudi 12 mars. Avec d’ailleurs une énorme faute de ma part, j’ai marqué « Moi je n’aime pas les artistes », au lieu de « Moi j’ai du mal avec les artistes », toutes mes excuses aux abonnés et aux fans, je ne sais absolument pas pourquoi j’ai mis cela. Malgré mes relectures et corrections, je ne comprends pas ce qui s’est passé.

Pour terminer, les deux membres ont accepté de poser en photo avec moi ! Excellent souvenir, merci à Nicola et Boris, ainsi que Michel et Alain.

Crédits photos : Yves Bottalico / Peggy M / Sony Music / Thomas Suinot