INCEPTION – [Christopher Nolan]

« Christopher Nolan est un Dieu », voici la première phrase qui vous vient à l’esprit à la fin d’Inception. Juste avant un : « Il faut que je le revois ! ».
Inception est complexe : un thriller fantastique, futuriste, riche, intelligent, dans lequel on plonge littéralement l’esprit pendant 2h30 non-stop, sans temps mort, sans ennui, sans frustration, avec un plaisir immense.
[Cet article ne contient aucun spoilers.]

Dom Cobb (DiCaprio) vole régulièrement des secrets, des idées, enfouis dans le subconscient ou la mémoire de quelqu’un, à travers ses rêves. Pour cela il s’introduit dedans et trouve ce qu’il cherche dans un labyrinthe de paradoxe temporel et gravitationnel. Sa nouvelle mission consiste non pas à récupérer une idée dans un rêve, mais en « insérer » une : faire en sorte que sa victime décide sciemment de faire un choix (politique et social), pour cela une seule méthode : l’inception ! Modifier le subconscient dans l’imaginaire, d’un rêve dans un autre rêve…

« Scénario parfait, mise en scène excellente, musique troublante,
effets-spéciaux réussi, casting sans défauts… »

Nolan prouve qu’il peut se surpasser, innover, produire et écrire (une histoire rédigée sans l’aide de son frère, Jonathan Nolan, ou d’un autre scénariste) un film original, fouillé, pas forcément évident aux premiers abords, et pourtant accessible pour peu qu’on soit concentré. Son scénario est parfait, tout simplement, et sa mise en scène est excellente. La musique, du fidèle Hans Zimmer est troublante, inquiétante, idéale ! Et les effets-spéciaux criant de réalisme. Que demander de plus ?

Le casting cinq étoiles ne possède aucun défaut : Leonardo DiCaprio, le voleur en proie à des démons intérieurs, Joseph Gordon-Levitt, l’organisateur à la grande classe, Ken Watanabe, l’homme riche et puissant, sont impeccables. Tom Hardy, vu dans le terrible Bronson assure la partie cool et comique du film avec brio, Marion Cotillard, mystérieuse et élégante ne fait pas tellement tâche bien au contraire et Ellen Page (Juno), l’architecte du monde des rêves insuffle toute la légèreté adolescente, naïve et féminine qui fait son charme, sans elle Inception serait bien « lourd » avec tous ces mecs ! Enfin, deux habitués des films de Nolan : Cillian Murphy (Le Vent se lève) qui, malgré un rôle secondaire, brille par son charisme, et pour finir Michael Caine, toujours aussi bon dans un court passage.

« Inception est une sorte de fusion des anciens films de Nolan,
l’aboutissement de ses créations, déjà sublimes »

Inception fait indubitablement penser à Matrix (pour la partie monde réel/imaginaire), à Shutter Island (pour le rôle de DiCaprio, ses conflits intérieurs et la musique), Mission : Impossible et James Bond (pour le côté espionnage/action) mais surtout, il rappelle les autres films de Nolan : Memento, Dark Knight, Le Prestige… comme si Inception était la fusion de tout ça, l’aboutissement de ses créations, déjà sublimes. Chapeau l’artiste ! Le pire, c’est qu’une fois sorti de la salle, on se dit que Nolan, ce réalisateur, ce génie, est capable de réussir un Batman 3 supérieur à The Dark Knight !

NB : A voir en ImaX si possible ! D’ailleurs, l’avenir du cinéma ne sera pas en 3D, mais plutôt en ImaX 3D, mais ceci est un autre débat…

■ Vu en avant-première privée en Imax une petite semaine avant sa sortie, je suis ressorti complètement chamboulé en ayant vu Inception. Cette critique est très simple, très soft, car je ne voulais pas en dire trop, éviter de spoiler ce chef d’œuvre aux Internautes. J’écrirai sans doute un article beaucoup plus détaillé et complexe quand j’aurais le DVD ! Oubliez la promo axée sur l’action sur « la scène du crime », tout ça c’est pipo et n’a pas grand chose à voir avec le film, qui est également très émouvant.  En trois jours aux États-Unis, le film a déjà engrangé 60,4 millions de dollars de recettes ! Avec une fin ouverte, une suite est possible (plus d’infos ici), bonne idée ?

Toy Story 3

Retrouver les héros qui ont bercé notre enfance en image de synthèse, onze après leur dernière “Histoire de jouets », est un régal ! Qu’on se le dise : Toy Story 3 est une réussite. Les dernières productions Pixar, pourtant acclamées par le public et la presse, ne faisaient guère rêver : comment s’émouvoir d’un pépé grincheux et sa maison-montgolfière (Là-Haut), ou comment gâcher une histoire d’amour entre d’adorables robots ? En faisant apparaître des humains obèses derrière une tirade politico-écolo (Wall-e) ?

« Un côté faussement naïf… »

Toy Story 3 narre la nouvelle vie des jouets d’Andy, 17 ans, qui rentre à l’université ; certains sont destinés au grenier, d’autres à la poubelle…
Finalement, ils se retrouveront dans une garderie très «spéciale».

Malgré le côté enfantin, faussement naïf du dessin animé, des thèmes «adultes» sont abordés à plusieurs reprises tout le long du film. Le premier est sans aucun doute le « temps » qui passe : Andy , devenu ado, préfère désormais tapoter sur son clavier d’ordinateur que de jouer avec Woody, Buzz, Zig-Zag et les autres (et on le comprend !), est ainsi le point de départ de cette aventure.

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À partir de là, les jouets se scinderont en deux clans : ceux qui verront là une nouvelle opportunité de vie, de jouer avec d’autres enfants (n’est-il pas là le but d’un jouet ?), et ceux qui resteront fidèle à Andy (un jouet appartient toujours à son « maître »).
Ce dernier groupe ne sera finalement composé que de… Woody !

Très vite, la plupart se retrouveront à la merci des enfants d’une crèche dirigée par un mystérieux nounours rose. Encore une fois, l’union fera la force à plusieurs reprises pour sortir la troupe de mauvais pas.

« Un chef-d’œuvre qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants »

Dans la lignée de ses deux prédécesseurs, Toy Story 3 brille non seulement par ses animations graphiques mais aussi, et surtout, par son humour et sa mélancolie. Nombreuses sont les scènes qui nous feront sourire, voire rire, à commencer par les traditionnelles disputes de la famille Patate, des crétineries de Rex, du couple Ken/Barbie ou encore de ce Buzz l’Éclair mode «espagnol» (dont le running gag s’essouffle bien rapidement).
Mais ce troisième opus est aussi marqué par une pointe de tristesse, distillée pixel par-ci par-là. La séparation des jouets entre eux et d’Andy est évidemment une des principales raisons.
Le dernier quart d’heure du métrage, chargé d’émotions, verra ainsi une scène, qui n’est pas sans rappeler Wall-e, tirant les larmes aux yeux au possible des spectateurs. La scène finale en fait sans doute beaucoup trop dans le même genre, mais peu importe. Le générique clôture efficacement, et avec humour, ce chef-d’œuvre d’animation !

La 3D de ce dessin animé est, comme la plupart des films 3D, complètement inutile. Pas de profondeurs de champs ou d’éléments qui « sortent de l’écran », toujours une image assombrie par contre… Préférez la version « 2D » qui vous reviendra moins cher !

Aussi bon que les deux premiers, Toy Story 3 s’élève au rang de chefs d’œuvre de films d’animation s’adressant aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Un voyage trop court dans ce pays où chaque jouet a son petit bout de vie, où chaque jouet devient acteur, comique, vecteur d’émotions, le temps de nous faire rêver dans un univers qu’on aimerait réel…

Shutter Island [Martin Scorsese]

■ À l’occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray de Shutter Island, le 24 juin prochain, voici ma critique publiée sur Box(e) Movies.

Il paraît que le roman de Dennis Lehane (2003) se dévore comme un scénario, que le « graphic novel  » (2008) se lit comme un story-board, que le livre deviendrait forcément un film culte, pour peu qu’il soit fidèle au support d’origine mais qu’on sente la patte du réalisateur. Et le pari est gagné, haut la main même, par Martin Scorsese qui met en scène un thriller psychologique d’une efficacité redoutable, et qui signe par la même occasion un de ses meilleurs films.

« Tout est trop louche sur cette île… »

Quatrième collaboration avec Di Caprio, après le très bon Gangs of New-York (2002), le très chiant Aviator (2005) et le très raté et inutile The Departed (2006), Shutter Island embarque le spectateur dans le conflit mental de son principal protagoniste qui enquête sur la disparition d’une des « patientes » d’un hôpital psychiatrique/prison situé sur une île…

C’est le marshal Teddy Daniels, excellent Di Caprio au visage abîmé, à l’esprit blessé, qui est chargé de découvrir ce qu’il s’est passé. Mais bien rapidement on s’en fiche un peu, en effet tout est trop louche sur cette île, que ce soit les policiers « à cran », le personnel de l’hôpital (Sir Ben Kingsley himself et Max Von Sidow assurent une aura glaçante supplémentaire), les patients/prisonniers (la scène avec Jacky Earle Haley donne la chair de poule), ou même son co-équipier (Mark Ruffalo, totalement effacé par Di Caprio) et ainsi de suite.

Plongé directement dans le film, grâce à sa musique et ses effets sonores (cet espèce de bruit sourd de bateau est juste traumatisant), ses décors (les paysages naturels, le brouillard, la « crasse » de certains bâtiments), on ne se détache du malaise qui règne sur l’île que pour en découvrir un autre, encore plus prenant, à travers les flash-backs de Teddy, lorsqu’il mettait les pieds, en tant que soldat américain, dans un camp de concentration… Les vues des cadavres gelés sont terriblement émouvantes, et paradoxalement « belles et malsaines ».

« Le spectateur devient paranoïaque et perdu. »

Difficile de parler davantage de l’histoire du film, pour ne pas gâcher le spectacle à ceux qui ne l’ont pas vu. Mais très vite le spectateur devient, à l’instar de Di Caprio, méfiant, paranoïaque, perdu… Et si le cinéphile attentif peut trouver la chute de Shutter Island grâce aux petits indices parsemés ici-et-là, le plaisir ne se boude pas lors des dernières scènes !

Le plan du “traveling killing nazi” restera très certainement dans l’histoire du cinéma. Un peu à la Old Boy, ce long plan-séquence qui voit l’exécution de centaines de soldats allemands est pourtant complètement irréelle puisque « logiquement » ils devraient tous tomber en même temps, c’est un peu comme si le passage de la caméra les tuait, et ça ne fait que renforcer l’extrême brutalité de la scène. Et la beauté du cinéma.

« Le septième art maîtrisé à la perfection. »

Autres merveilles de mise en scène : les rêves et les cauchemars de Teddy. Hanté par le spectre de sa femme, morte dans l’incendie de leur demeure, celle-ci lui apparaît régulièrement. Sa beauté saisissante contraste avec la pluie de cendres qui tombe autour d’elle, ou avec ses robes ensanglantées, ou encore son dos brûlé, c’est à la fois perturbant et magnifique. Irréel, onirique mais beau, très très beau.

Scorsese frappe fort et signe un retour là on où ne l’attendait pas, Di Caprio prouve une fois de plus qu’il est devenu « un grand”, la mise en scène est parfaite, chaque plan « ne pouvait être autrement » que ce que Scorsese a su en tirer. Seul Kubrick aurait pu adapter à sa façon Shutter Island (qui rappelle de temps à autre Shining), mais Scorsese prouve qu’il maîtrise le septième art à la perfection.

[blogueur invisible]

Ça fait un bail que je n’ai pas posté ici, la faute à un manque de temps entre mes projets, mon boulot, ma vie dans les trains, Lost, ma Nintendo, mes lectures d’auteurs russes (pour faire genre j’ai de la culture), et de comics/mangas (pour faire genre j’suis un geek).

Quelques niouzes rapidement pour ceux qui viennent ici (il y en a encore, j’en suis le premier surpris !).

J’ai relancé mon site Box(e) Movies, il n’est plus hébergé sur la plate-forme blog de 20minutes.fr mais sur wordpress. Toujours le même principe : deux critiques d’un film à l’exact opposé (j’ai adoré/j’ai détesté), l’une de Mathieu Stosse, l’autre de moi. Le concept est toujours de montrer une vision très différente d’un long-métrage, avec une « lecture visuelle » horizontale et verticale, d’exposer des éléments que le spectateur n’a pas forcément vu ou interprété comme l’un d’entre nous, bref de provoquer le débat, toussa, toussa.

Mon livre, Démissionne ou je détruis ta vie, sortira sans doute fin 2010. Mon troisième ouvrage est toujours en cours d’écriture.

Mon « book/photos en ligne » et la mise à jour de la page « cinéma » devraient se terminer d’ici la fin de l’été au plus tard.

En attendant je reposte divers articles publiés ces derniers mois dans la presse.

Je vous laisse sur une vidéo que j’ai mis en ligne il y a quelques jours et que vous connaissez forcément : The Epic Saxo Guy !

Lost : mes « vidéos » de la saison 6…

Réalisées et montées juste avant la diffusion du Final de Lost, voici deux petites vidéos de mon cru (depuis que je taquine un super logiciel de montage, je passe ma vie dessus >.<) et bref tout ça pour dire qu’un super-article-de-la-mort-qui-tue va sans doute voir le jour sur ce final (que j’ai aimé), et la série en général, qui divise les fans.

[Un « hommage » avec les scènes marquantes de la saison 6]

[Les scènes de « violence » de la même saison]

AVEC LES NANOTECHNOLOGIES, LA SCIENCE-FICTION DEVIENT RÉALITÉ

Les nanoparticules sont apparues il y a une cinquantaine d’années. Les scientifiques travaillaient dessus sans le savoir. Dans les années 1960, ils ont compris ce qu’ils pouvaient faire avec.
Ces « nanos » ouvrent des perspectives industrielles quasiment illimitées dans plusieurs secteurs : l’électronique, la chimie, la biomédecine, la cosmétique, l’automobile, l’aéronautique, etc.
Depuis les années 1990, les scientifiques développent les recherches sur les nanotechnologies. Comme pour les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), l’accueil qu’elles suscitent est partagé. Car personne ne peut évaluer l’impact réel qu’elles auront sur la santé et les écosystèmes.

Les défis de l’infiniment petit

Cinq questions-réponses sur les nanotechnologies,
qui permettent de concevoir des objets et des particules extrêmement petits.

1 – QUE SONT LES NANOTECHNOLOGIES ?
Ce sont les études et les expériences qui consistent à créer des nano-objets ou des nano-matériaux, dans des laboratoires. Ces éléments sont élaborés à l’échelle de l’infiniment petit, de l’ordre du nanomètre, soit 0,000 000 001 mètre.

2 – À QUOI SERVENT-ELLES ?
« En biomédecine, par exemple, on utilise essentiellement des nanoparticules. Pour les créer, on fabrique un solide, une pierre, toute petite, qui fait quelques nanomètres. On travaille avec des microscopes extrêmement puissants », explique Olivier Tillement, enseignant et chercheur au laboratoire de physico-chimie des matériaux luminescents de l’université Claude-Bernard- Lyon I. « Ensuite, on leur applique une couche protectrice. Ainsi, lorsque la nanoparticule pénètre dans le corps humain, les systèmes de défense organiques ne la dissolvent pas. Sur cette même couche, on ajoute des molécules. »

« À l’avenir, les nanoparticules pourraient détruire une tumeur
avant même qu’elle se développe. »

L’objectif est que ces nanoparticules puissent combattre certains virus ou microbes. Mais à l’avenir, elles pourraient détruire une tumeur avant même qu’elle se développe. Elles sont envoyées dans l’organisme par intra-veineuse. Ce système est plus sûr que l’inhalation, car les nanoparticules ne sont ni bloquées ni dissoutes en route. Les nano-objets sont utilisés dans les équipements électroniques, pour l’automobile ou l’armement notamment. « Comme c’est minuscule, un seul électron suffit à faire fonctionner un transistor, pièce maîtresse d’un circuit électronique. C’est donc très pratique », continue Olivier Tillement. « En physique, l’intérêt est de pouvoir découvrir de nouvelles propriétés d’une matière en la réduisant, des capacités qui étaient jusqu’ici inconnues : nouvelle couleur, magnétisme plus puissant… » Enfin, on trouve les nanotubes de carbone. Découverts dans les années 1980, ils sont 100 fois plus résistants et six fois plus légers que l’acier. Ils sont utilisés dans le câblage, le sport (raquette, vélo…), la sécurité (gilet pare-balles), la médecine, l’aéronautique…

3 – QUELS SONT LES DANGERS ?
Le problème principal des nanotechnologies est lié à leur taille. « Comme elles sont infiniment petites, des nanoparticules se trouvant dans l’air sont rapidement inhalées par l’homme et peuvent s’avérer dangereuses. Car dans un corps biologique, on ignore encore ce qui peut se passer », ajoute Stéphane Roux, du même laboratoire de physicochimie lyonnais. Au niveau des armes, « des micro-billes peuvent être propulsées à très grande vitesse depuis très loin. Au contact de la peau d’une personne, elles provoquent un impact brûlant. Elles blessent mais ne tuent pas », commente Olivier Tillement.

4 – QUELS SONT LES ENJEUX ÉCONOMIQUES ?
Environ 1 600 entreprises utilisent les nanotechnologies dans le monde. Quelque 700 produits sont en vente : des crèmes, du textile, des piles, etc. En 2008, le secteur a généré dans le monde 700 milliards d’euros de revenus. Mais le marché est encore marginal et il n’y a pas encore de pays leader. « Il ne faudrait pas que les nano-objets deviennent un produit de consommation comme les autres. C’est encore un domaineun peu inconnu. Il vaut mieux attendre la fin des études en cours », suggère prudemment Stéphane Roux. La présence de nanotechnologies dans un produit n’est pas indiquée sur l’étiquette, car elles faisaient partie de la composition avant qu’on les identifie.

5 – UN FUTUR DIGNE D’UN FILM DE SCIENCE-FICTION ?
Avec ces avancées, tous les rêves semblent possibles : fin des maladies, gadgets ultra-sophistiqués, possibilités infinies… Olivier Tillement « espère [même] que tout cela ne restera pas de la science-fiction ! »

[MOTS CLÉS]
Biomédecine
:  Médecine basée sur l’application et les connaissances de la biologie.
Molécule : Assemblage d’atomes (les plus petites parties du corps, composées d’un noyau et d’électrons) qui forme un « granule de matière ».
Nano : Vient du grec nanos, nain.
Transistor : Dispositif électronique de base, souvent utilisé comme interrupteur ou comme amplificateur de courant électrique dans un circuit. Il en existe plusieurs types.

> CHIFFRES CLÉS
1000 milliards d’euros de revenus annuels sont attendus dès 2010 pour le secteur des nanotechnologies, au niveau mondial.
3,5 milliards d’euros sont prévus dans le budget européen pour la recherche dans ce domaine pour 2007-2013. Les États-Unis, eux, dépenseront 1,4 milliard d’euros.
100 000 fois plus petit qu’une cellule du corps humain. C’est la taille d’un nano-objet. 1 nanomètre équivaut à 1 milliardième de mètre, c’est-à-dire 0,000 000 001 mètre. C’est 50 000 fois plus petit qu’un cheveu et 100 fois plus fin qu’une molécule d’ADN.

> LE SAVIEZ-VOUS ?
Dans un célèbre manga, quel professeur est un spécialiste des nanotechnologies ?
Desty Nova, dans Gunnm.

À propos de cet article : Assez difficile à rédiger, à cause -évidemment- de la dimension scientifique relativement complexe. Expliquer aux ados les nanotechnologies sans qu’ils aient besoin de © Dolipranes est un vrai défi ! Je pense l’avoir réussi. Les chercheurs cités dans ce papier m’ont remercié pour « le beau travail de vulgarisation scientifique », ce qui est un excellent compliment dans le milieu ! Pas grand chose d’autres à dire : beaucoup de lectures et de coups de téléphone ont été nécessaires, l’article a été relu et approuvé par les enseignants aussi, la chute a été trouvée au dernier moment et dès le départ je partais sur un « question/réponse » afin de faciliter la fluidité de la lecture. Bref un sujet intéressant, pas simple et qui fait un peu peur…

■ Cet article est paru dans le quotidien L’actu, le jeudi 9 juillet 2009.

■ Texte : Thomas Suinot // Dessins : Yacine // Photo couv : AFP

ENQUÊTE : DISNEYLAND PARIS, LA RÉALITÉ DERRIÈRE LES SOURIRES

Contexte • Disneyland Paris est un complexe de loisirs qui s’étend sur près de 2 000 hectares, à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). Unique en Europe, il a ouvert il y a 17 ans (lire encadré). Chaque année, il accueille en moyenne 14 millions de visiteurs, dont «30 % sont des étrangers», assure-t-on chez Disney. De nombreux jeunes sont embauchés en tant que saisonniers sur les différents lieux du site : les hôtels, les attractions des deux parcs, etc. Les témoignages de ces jeunes sont rares. Toutes les interviews officielles sont formellement encadrées par le service de communication, qui contrôle ce qu’ils disent.

« Il ne faut pas briser la magie Disney »

L’actu a interviewé des jeunes qui travaillent, ou ont travaillé, à Disneyland Paris. Pour certains, c’est le bonheur ; pour d’autres, l’horreur.

Les coulisses • Travailler à Disneyland Paris est-il aussi magique que l’univers Disney semble l’être ? Pour certains jeunes embauchés, c’est le cas ; pour d’autres, c’est le contraire. L’actu a interviewé de façon officielle deux saisonniers et a rencontré d’autres employés qui ont accepté de témoigner anonymement.

Les rôles • «Je travaille ici chaque été depuis quatre ans, explique Loïs, 25 ans. Cette année, je suis groom à l’attraction «La Tour de la terreur», du parc Walt Disney Studios.» Une expérience qu’il juge «intéressante, car on est un peu déconnecté de la réalité, on joue un rôle pour mettre les clients dans l’ambiance. J’adore !» Audrey, 25 ans, travaille pour la première fois chez Disney : «Je voulais le faire depuis longtemps. Je parle anglais, russe et néerlandais, ça a joué pour mon embauche. Je suis très polyvalente, mais je fais surtout de l’accueil.» Les deux saisonniers n’ont pas le droit de dévoiler leur salaire.


Loïs, groom à « La Tour de la terreur » et Audrey, hôtesse polyvalente.

La surveillance • D’anciens employés et d’autres rencontrés dans le parc précisent des éléments que la direction ne voulait pas communiquer. Notamment sur les conditions de l’entretien d’embauche. «On m’a fait attendre des heures et des heures dans une salle où l’on passait des vidéos Disney, explique Patrick*, 21 ans à l’époque. Après, on m’a donné le contrat et soit je le signais immédiatement, soit je n’étais pas engagé !» Une méthode que confirme Jessica*, 20 ans lors de son embauche. «Mon entretien était identique, c’est assez bizarre. J’ai travaillé dans un restaurant, l’ambiance entre collègues était cool ! En revanche, il y avait des souris et des mulots partout…» Patrick, lui, a été affecté à plusieurs attractions, dont le «Star Tour». «C’était très sympa, on s’occupait de tout : l’accueil, la présentation de l’attraction et sa mise en marche. Ce qui m’énervait, c’est que je devais caser la marque d’un sponsor pendant un de mes pitchs.» Élément positif : «J’ai gardé le contact avec des collègues espagnols, canadiens…»

« Une excellente école » pour Franck, « pire qu’au McDo » selon Patrick.

Jessica revient sur ses conditions de travail : «J’étais payée au Smic pour 35 heures, je ne m’attendais pas à plus, j’ai trouvé ça honnête.» Un avis que ne partage pas Patrick : «On avait des responsabilités, on exigeait de nous un comportement exemplaire, on méritait plus que le Smic.» Franck*, 22 ans, confirme : «Je trouve qu’on bosse beaucoup pour gagner peu. Mais c’est une excellente école pour apprendre les langues.» Patrick garde d’autres mauvais souvenirs de son job : «C’est pire qu’au McDo. Nous étions surveillés en permanence. Une équipe spéciale se mélangeait aux visiteurs et son rôle était de nous surveiller et de nous réprimander si l’on agissait mal. Par exemple, si on ne souriait pas assez. C’est ridicule, on était conditionnés comme en usine !» Selon Jessica, «c’est pour ne pas briser la magie Disney… On devait aussi parler dans un langage particulier, chaque bâtiment avait le nom d’un personnage, on ne devait pas dire client mais guest, etc. C’était très lourd !» Quant à ceux qui travaillent sous le costume d’un personnage de Disney, «ils crèvent de chaud, ont mal partout et ont des problèmes d’articulations», assure Jessica.

* Les prénoms sont modifiés.

Les chiffres • 14 500 personnes travaillent à Disneyland durant l’année, dont 87 % en Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Environ 500 personnes embauchées en Contrat à Durée Déterminée (CDD) signent ensuite un CDI. 500 métiers sont recensés dans le complexe Disneyland. Cela va de l’hôtesse d’accueil au guide dans les parcs d’attractions, en passant par le danseur dans la parade ou encore le « personnage Disney ». 100 nationalités parmi les employés du site. Pour mieux accueillir les étrangers, 19 langues y sont parlées.

Le saviez-vous ? • En 2008, quel nombre de visiteurs a été franchi à Disneyland Paris ?
200 millions.

Un complexe aux noms complexes

1992. L’ensemble du complexe Disneyland Paris voit le jour le 12 avril. À l’époque, il se nomme Euro Disney Resort.
1994. Le 1er octobre, sa dénomination change et devient Disneyland Paris.
2002. Dès le 1er janvier, le complexe est renommé Disneyland Resort Paris. En mars 2002, l’ensemble s’agrandit. Le parc Walt Disney Studios ouvre ses portes.
2009. En mai, le nom du complexe et de son parc d’attractions redevient Disneyland Paris.

À propos de cette enquête : «Est-ce que les gens dans les costumes des personnages de Disney sourient quand on les prend en photos ?» C’est à partir de cette question, que m’a posé un enfant de 10 ans, qu’est venue l’idée de cet article.
À la base, il devait se concentrer sur des jeunes qui travaillent à Disney, et notamment les personnages costumés. Seulement, je me suis vite rendu compte qu’il allait être difficile d’obtenir aisément des témoignages et l’angle du papier a beaucoup évolué.
En mai 2009, l’attachée de presse de Disney a été formelle : «pas d’interviews des employés costumés, pour ne pas briser la magie Disney…» Deux mois plus tard, j’ai enfin obtenu un rendez-vous pour interroger des jeunes sur leur lieu de travail . Sauf qu’au lieu de quatre à cinq employés désirés, il n’y en avait que deux, dont un décoté le matin même ! L’interview de la personne qui recrute les saisonniers a été annulée car elle n’avait pas de temps disponible.
Pendant les entretiens, l’attachée de presse ne voulait pas que les employés évoquent leur salaire et heures de travail, toujours pour « ne pas briser la magie Disney…».J’ai donc récupéré des numéros de téléphone et mails d’autres salariés, ceux qui ont parlé anonymement -et que je remercie à nouveau au passage-, et effectivement il y avait des choses à dire !
Le nouveau but était de montrer cette autre réalité, derrière les sourires, sans pour autant critiquer Disney, ce que je pense avoir réussi… Chacun a les avis des uns et des autres, les bons côtés du métier et les moins bons. Certains ne trouvent pas honnête cette manière de travailler, personnellement, c’est une méthode que j’approuve à 100%. Évidemment, l’attachée de presse était furax quand elle a lu l’article : mail et nombreux coups de téléphone… Mais c’est aussi ça le journalisme ! De l’investigation ! Des révélations pour le droit à l’information. C’est d’ailleurs, ce qui se rapproche le plus de l’idée que je me fais de ce métier, et je suis fier de cette enquête, qui n’a pas été aussi simple à effectuer et à rédiger que je ne le pensais, mais j’ai adoré !

■ Cet article est paru dans le quotidien L’actu, le jeudi 6 août 2009.

■ Textes et photos : Thomas Suinot // Dessin : Yacine // Photo couv : AFP // Logo : Disney ©

Placebo

(Pendant la tournée Battle for the Sun, respectivement aux concerts de Nantes et Paris)

Franck Dubosc

Frédéric Beigbeder