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Interview : Christophe Willem

À l’occasion de la sortie de l’album « Caféine » de Christophe Willem lundi prochain, voici une interview de lui qui date de deux ans déjà, à l’époque où le jeune homme sortait son premier album : L’Inventaire.

Christophe Willem vient de sortir son premier album, L’Inventaire

● 3 août 1983 : naissance à Enghienles-Bains (Val-d’Oise). ● 1990 : débute le piano. ● 1997 : se consacre au chant jazz, puis au gospel et, enfin, au blues. ● 2004 : joue dans Alive, avec Richard Anconina, et participe à la BO du film. ● 2005 : sa soeur Sandrine l’inscrit au casting de Nouvelle Star. ● 8 juin 2006 : gagne Nouvelle Star. ● 16 avril 2007 : premier album, L’Inventaire.

“ Je suis assez barré, mais constructif et perfectionniste ”

Pour ce premier album, vous avez travaillé avec plusieurs artistes, dont Zazie, Philippe Katerine et Valérie Lemercier. Comment se sont déroulées ces collaborations ?
Christophe Willem : Très très bien. Chacun a écrit et composé pour moi, puis j’ai chanté et fait des essais. On a amélioré les maquettes des chansons au fil du temps. Avec Zazie, on était dans son studio, chez elle. Plus on se connaissait et plus les textes qu’elle écrivait me correspondaient. Certains des artistes ont posé leurs voix sur les chœurs.

Pourquoi vous a-t-il fallu autant de temps pour sortir l’album ?
À la fin de la Nouvelle Star, on a fait une tournée qui a pris du temps. Du coup, je n’ai commencé l’album qu’en septembre. Je suis très perfectionniste et je ne voulais pas le bâcler. Il a d’ailleurs été retardé plusieurs fois.

Vous dites que cet album doit s’écouter en entier et plusieurs fois pour mieux le comprendre. Pourquoi donc ?
Parce qu’il faut l’écouter attentivement, dans l’ordre, pour parcourir le chemin de L’Inventaire. Les histoires racontées dans chacune des chansons forment un tout. Il y a beaucoup de métaphores. Cela crée un petit côté autobiographique qui aide à mieux découvrir qui je suis. Les musiques qui accompagnent les textes sont assez variées d’une chanson à l’autre… En effet. Je n’apprécie pas de style de musique en particulier. Dans l’album, on passe donc de chansons douces et poétiques à d’autres plus électro. Cela permet de varier les ambiances.

Appréhendez-vous les réactions de vos fans ?
Je suis assez pessimiste là-dessus. Je pense que mon album va les décevoir. Je suis assez barré mais très constructif, l’album correspond à ce que je voulais, mais peut-être pas à ce que les fans attendent… En effet, les gens attendent quelque chose mais ils ne savent pas forcément quoi !

Restez-vous en contact avec les autres finalistes de la Nouvelle Star, vos concurrents de 2006 ?
Oui, je sais à peu près ce que chaque ancien candidat fait. Chacun de nous s’est lancé dans des projets musicaux vraiment différents. Du coup, il n’y a aucune rivalité ou jalousie entre nous, tout se passe très bien.

Entretien réalisé par Thomas Suinot

Site Web officiel de l’artiste : www.christophe-willem.com

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Clip du single Berlin.

■ À propos de cet article : C’est ma première « vraie interview de star ». Le premier jour où je suis arrivé à Paris, j’ai débarqué dans la rédaction de l’actu/Mon Quotidien, on m’a dit : « tiens, va chez M6, ils projettent un documentaire sur Willem, chope une interview, prends la ligne une, en 25 minutes tu y es, dépêche toi ça commence dans un quart d’heure », BAM ! Je m’empresse d’aller sur le net pour savoir qui est ce « Willem » (et aller sur mappy choper un plan) et je découvre qu’il s’agit du gagnant de l’édition 2006 de la Nouvelle Star (je ne regardais pas la télé à ce moment là et suivais peu l’actualité du petit écran). Arrivé dans les locaux d’M6, j’ai un peu halluciné : petits fours, salés-sucrés, alcool, sodas, cocktail et tout le bordel, putain c’est la première fois que je voyais une « conférence de presse » aussi classe. Alors évidemment je me suis retrouvé au milieu d’une cinquantaine de journalistes… qui pétaient tous plus haut que leur cul, qui ont tous déjà tout vécu et tout fait, qui sont « in », branchés et totalement « vip », et ben… Quelle bande de cons… Malheureusement, aux conférences de presse similaires auxquelles j’ai pu assisté par la suite, je n’ai trouvé que ce genre de brochettes d’humains prétentieux et soi-disant « meilleurs que les autres ».

Passons… J’ai donc vu un documentaire sur Willem, qui m’a permis de le connaître, j’ai ensuite improvisé des questions et le jeune homme ne m’a pas laissé un agréable souvenir. Son masque de « dandy foufou » s’est vite effacé quand je lui ai posé quelques questions « vexantes ». Comme par exemple : « Christophe, sur cet album, finalement vous n’avez composé qu’une seule chanson, et n’en avez écrites aucune ? Toutes les autres ne sont pas composées par vous, ni écrites, c’est dommage… » Voilà ce qui a eu le don d’énerver la « Tortue ». C’est con… Au lieu de m’expliquer qu’il n’avait finalement « pas le droit » de faire ce qu’il voulait (contrat oblige), il s’est emporté et est parti… Ensuite il a fait le clown devant quelques journalistes qui bavaient d’extase (ou pignaient de jalousie ?) devant lui, je ne comprenais pas pourquoi… Bref un souvenir « humainement » très moyen, mais « professionnellement » très intéressant. Ah j’oubliais : un journaliste de Télé Z m’a dragué et voulait que je le suive dans les toilettes d’M6, hum hum, sympathique tout ça…

Sinon pour info, mon premier titre, enfin citation était « J’ai peur de décevoir mes fans », je trouvais ça pessimiste mais attirant, ça a été remplacé par ce que vous pouvez lire ci-dessus. Bref je ne suis pas fan de Willem, de sa musique en tout cas, mais quand même, il a une putain de voix magique, vivement qu’il la pose sur du bon son rock !

Cette interview est parue dans l’actu du 21 avril 2007.

Bienvenue chez les ch’tis ou comment faire l’éloge de la beaufitude…

J’ai écrit cet article pour le journal de notre école, sur la maquette du Parisien. Puis je l’ai publié sur un site Internet. Ce qui m’a valu pas mal d’insultes et de mépris. Je m’en fous, je le dis et je l’assume : je n’ai pas aimé Bienvenue chez les ch’tis, je n’ai pas rigolé devant une seule fois et je ne comprends pas comment notre patrimoine culturel prend une ampleur énorme à cause de ce navet. On m’a reproché d’être trop dur dans cet article (qui est une version « soft » du tout premier qui était beaucoup plus virulent), pourtant quand je vois la critique du JDD à propos de Disco (qui ne doit pas valoir beaucoup mieux) je me dis que je suis encore trop gentil. Finalement, en le réécrivant, c’est devenu un billet d’humeur… Pas de photo du film ou de l’affiche, merci de votre compréhension.
MàJ : Je le reconnais : c’est très mal écrit, c’est un de mes premiers papiers dans ce style et je ne sais pas, quelque-chose ne « va pas ». Néanmoins le fond reste identique à ma pensée. À lire toutefois avec un peu de recul et d’humour car, évidemment, les personnes qui aiment ce film ne sont pas toutes des gros beaufs incultes (encore heureux !).


Kad (sans O) est muté à la Poste de Bergues, petit village du nord de la France, et découvre l’accueil des fameux « ch’tis », menés par Dany Boon. Hilarant pour certains, beaucoup moins pour d’autres.

Devenir beauf peut être accessible à tous. En témoigne le dernier film de Dany Boon, Bienvenue chez les ch’tis. Si le succès ne cesse de grandir pour le deuxième long-métrage du comique nordiste, l’humour du film, lui, ne touche pas tous les spectateurs. Bienvenue chez les ch’tis n’apporte rien au cinéma et suscite l’incompréhension chez quelques personnes.

Comment autant de français, 20 millions (!?), sont-ils si enthousiastes devant cette farce ? Le bêtisier, dévoilé pendant le générique de fin, est sans doute le passage le plus rigolo. Mais avant ? Rien. Franchement rien d’original. Quelques gags visuels : Kad qui se démène avec un fauteuil roulant, Dany qui titube en vélo. Les pseudo-clichés sur le Nord-Pas de Calais sont rétablis : non il ne fait pas froid, oui les gens sont sympas. Pour preuve, l’ancien « Bergues », composé de personnes bourrées, travaillant dans les mines de charbon, malpolies, chassant le chat au fusil, accueillera la femme de Kad, montrant ainsi l’horreur du nord de la France en « vrai », telle la vision qu’une provinciale se fait de la région. Ce lot de clichés est donc évincé pour montrer au contraire, des gens quelques peu simplets, quand même bien portés sur la bouteille et pas finaud… Comment ? Des beaufs ? Ah ben oui carrément !

Le fameux accent « ch’ti » est vraiment gonflant, l’essentiel du film repose dessus. Les situations lourdingues et déjà vues comme les protagonistes sous l’emprise de l’alcool ou presque toutes les autres séquences du film sont ridicules et lourdes, mais lourdes. Et bien sûr n’oublions pas les love-stories faussement crédibles. Les belles minettes brunettes rinceront l’œil des jeunes puceaux qui ne sont pas réceptifs à « l’humour » de monsieur Boon.

Mais tous ces ingrédients font -heureusement- rire 99% de la salle archi complète depuis la séance précédente. Pourquoi ? Parce que la France a besoin de cette chaleur humaine, gentiment niaise et parsemée de petits gags gentillets. Oui mais voilà, le pourcentage restant est vraiment énervé de constater que c’est ce film, qui fait la force du cinéma français depuis 8 mois…

Le 7ème art n’est pas forcément pour les intellos bobo ou les passionnés, cinéphiles acharnés ou novices vidéastes, mais aussi pour les beaufs. Insulte à prendre au troisième degré (précisons le au cas où), vérité qui définit souvent la fameuse ménagère de moins de 50 ans, adjectif qualifiant une famille inculte abonnée à Télé Z ou Poche, écoutant Johnny, Sardou ou la Star Ac’, se bidonnant (pensez aussi aux Bidochons) devant la programmation de TF1 : Julie Lescault et Dechavanne. TF1 qui remporte à nouveau le gros lot en produisant le film. Bref, la cible aime, tant mieux pour elle, d’autres non, tant pis pour nous. Je le répète, ce film a été fait par des beaufs pour des beaufs, c’est peut-être trop radicale comme pensée mais je le pense sincèrement… Et si la presse a descendu en masse Astérix aux Jeux Olympiques, le qualifiant de film pour beauf, on comprend mal pourquoi il n’en est pas de même pour les Ch’tis.

Bref, en sortant de la salle, je m’éclipse rapidement, j’ai honte, je me sens… beauf.