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Interview : Tobey Maguire

Tobey Maguire incarne l’homme-araignée pour la troisième fois.

Son CV : ● 27 juin 1975 : naissance en Californie (États-Unis). ● 1993 : joue dans Blessures secrètes, avec son ami Leonardo DiCaprio. ● 1997 : Ice Storm, d’Ang Lee. ● 1998 : Las Vegas Parano, de Terry Gilliam. ● 2002 : Spider-Man, de Sam Raimi. ● 2003 : Pur Sang, la légende de Seabiscuit. ● 2004 : Spider-Man 2. ● 2006 : The Good German, de Steven Soderbergh. ● 2007 : Spider-Man 3.

Avec quel masque de Spider-Man préférez-vous jouer ? Le noir, côté sombre du personnage, ou bien le rouge habituel ?

Tobey Maguire : Ni l’un, ni l’autre ! Quand j’ai le masque de Spider-Man, c’est surtout pour des scènes d’action, c’est plus long et moins drôle. Je préfère quand je ne porte pas de costume de super-héros, lorsque j’interprète Peter Parker. Les scènes de dialogue sont plus intéressantes et plus valorisantes pour moi.

Ce nouveau Spider-Man dévoile des facettes plus obscures de votre personnage…

C’est un aspect de lui que j’ai beaucoup aimé, parmi les nouveautés du film. Ce côté agressif et égocentrique, cette exploration du côté sombre de Peter Parker et de Spider-Man, c’était quelque chose de très intéressant à découvrir. J’ai beaucoup aimé jouer ce nouveau Peter. Le personnage a évolué au fur et à mesure de la trilogie. On perçoit plusieurs changements en lui dans les films. Ce troisième volet est, selon moi, le meilleur. Chacun peut s’identifier aux protagonistes, en quête de pardon.

Comment se déroule le travail avec Sam Raimi, le réalisateur ?

Il nous laisse contribuer aux dialogues, il est preneur de toutes les bonnes idées qu’on peut lui apporter. Chacun collabore avec Sam. C’est très agréable et très intéressant de travailler avec lui. J’ai beaucoup appris, je connais
mieux la réalisation maintenant.

Dans une scène, vous dites quelques mots en français. Vous aimez la
France ?

Oui, j’adore ! J’aime Paris. La première fois que je suis venu, pour voir mon ami Leonardo DiCaprio, je suis tombé amoureux de cette ville. Les musées, la gastronomie, l’art… J’adore jouer le « touriste » en France !

Seriez-vous prêt à jouer dans un Spider-Man 4 ?

Pourquoi pas ! Si, dans ce quatrième volet, il y a un nouveau super-méchant intéressant, si on aborde des éléments de l’histoire qui n’ont pas encore été explorés, je ne dis pas non.

Ça ne va pas être trop dur de quitter le rôle de Spider-Man ?

Oui, c’est vrai qu’on a commencé cette aventure il y a un moment.  J’ai travaillé avec des gens très talentueux pour ces trois films, j’ai passé de si bons moments avec eux. Cela va me manquer. Mais les retombées sont positives, j’ai davantage d’opportunités pour ma carrière.

Propos recueillis par Thomas Suinot

■ À propos de cette interview : C’était une conférence de presse, donc plusieurs journalistes posaient des questions et certaines sont retranscrites dans cet article. Si je me souviens bien c’était en avril 2007, le lendemain de la projection presse avant-première mondiale, dans un prestigieux restaurant sur les Champs Élysées. J’ai pris pas mal de photos, y’avait du beau monde : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Sam Raimi, James Franco… Cette interview est parue dans le quotidien l’actu. Excellent souvenir, et surtout : Kirsten Dunst est encore plus belle en vrai.

[Photos © : Libre de droit - flickr, Thomas Suinot & PlayBac Presse]

20th Century Boys – L’adaptation cinématographique du manga

Un manga culte a été adapté au cinéma

Le film 20th Century Boys est sorti le 14 janvier dans une poignée de salles françaises. Ce n’en est pas moins un événement pour les fans de BD japonaises. Ce film est l’adaptation du manga culte de Naoki Urasawa (Monster). Rien qu’au Japon, il s’est vendu à 3,7 millions d’exemplaires en 2008 !

« Ce manga bénéficie d’une excellente réputation en France. Il a gagné à Angoulême le prix de la meilleure série en 2007 », précise le producteur exécutif du film. Divisé en trois volets, il a coûté plus de 35 millions d’euros, un record au Japon. L’histoire est complexe. En 1969, le jeune Kenji s’amuse avec ses copains à inventer un scénario catastrophe sur l’avenir. 30 ans plus tard, l’un de ses camarades est retrouvé mort. Et une secte mystérieuse, dirigée par un certain Ami, annonce la fin du monde… « Beaucoup d’images du manga ont été insérées telles quelles dans le film, pour ne pas trahir les attentes des fans », indique l’interprète de Kenji. Un concept insolite qui, selon lui, a plu à l’auteur du manga.

Quel mythique groupe de rock a composé un morceau nommé 20th Century Boys ? T. Rex.

■ À propos de cet article : Il est paru dans l’actu d’aujourd’hui (mardi 27 janvier). J’ai repris les quelques citations de la fameuse conférence de presse au Louvre, en août 2008. Dommage que le manque de place est empêché de citer plus de personnages ! En tout cas, j’espère que le film (très très bon d’ailleurs, il faut que j’aille le revoir à tout prix) sera vu par pas mal de monde, fans et non-connaisseurs de l’œuvre originale, malgré la faible distribution en salles… Toujours la même chose : blockbusters au pouvoir, films indé/d’auteurs/étrangers/zarbs à la trappe, putain de pays d’ouverture, de culture… Allez le voir, il est génial, lisez le manga, il est excellent ! (Et un jour j’écrirai des critiques sur les deux œuvres).

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Hier, je suis allé à une séance de projection « avant première cinéma » suivie d’une conférence de presse au Louvre. Donc pas d’article mode « presse » cette fois, mais vraiment mode « blog » avec du « moi je » et quelques photos :)

« 20th century toy, I wanna be your boy ! » Ce fameux refrain de la chanson de T-Rex (reprise par Placebo) est énormément entendu dans le film 20th Century Boys de Yukihiko Tsutumi tiré du manga éponyme de maître Urasawa. En gros, voici le résumé du film (copié-collé d’allôciné car j’ai la flemme) : En 1969, Kenji et sa bande de copains passent leurs vacances d’été à rêver de l’exposition universelle d’Osaka et à s’inventer un scénario catastrophe de fin du monde depuis une base secrète improvisée dans un terrain vague. A cette époque, Kenji voulait devenir une rock star et sauver l’humanité. 1997 : Kenji aide sa mère dans la supérette de quartier tout en jouant la baby-sitter pour sa nièce Kanna. Ses rêves de gamin resurgissent lorsque la police le questionne sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le « cahier des prédictions » de sa bande lorsqu’il était enfant. Le compte à rebours commence, la fin du monde est proche…

Plein d’infos également ici : www.20th-century-boys.fr, le site officiel du film avec notamment la galerie personnages/acteurs qui permet de se rendre compte du joli travail de casting !

La projection presse a eu lieu au Publicis sur les Champs-Élysées, à 14h. L’avant première mondiale ouverte à tous et gratuite était à 20h. L’équipe du film (acteurs et sans doute une partie de la « technique » : producteurs et réalisateurs) venait à la fin de la séance. Un quizz était organisé, bref de quoi faire rêver tous les fans ! Le cinéma était, pour l’occasion, garnie d’affiches :

Parlons un peu du film (avant un article plus complet lors de la sortie en salle, prévue pour la fin d’année, ou au pire en janvier 2009). J’ai pensé à un mot pendant les 2h30 du métrage : excellent ! Excellent parce que ce film est l’aboutissement complète de l’œuvre d’Urasawa (qui a participé à la sélection des acteurs et qui supervisait tout de même l’ensemble de la trilogie), ce n’est pas un film de complément, ou un film « bidon », non, c’est 20th Century Boys ! Les personnages sont exactement ceux qu’on a vu, qu’on a lu, quelques semaines, mois ou années plus tôt avec plaisir lorsqu’on découvrait les bandes dessinées. C’est en cela que réside la principale force du film de Yukihiko Tsutumi, une adaptation très très (trop ?) fidèle au manga. Bien sûr on ne peut pas tout explorer comme dans le livre, bien sûr deux suites vont venir, mais ce premier chapitre, « L’avènement », est un excellent départ ! Quelle joie de retrouver Kenji, Maruo, Yukiji, Otcho et tous les autres à l’écran ! Les traits d’Urasawa prennent divinement forme sous nos yeux, le dynamisme du récit, l’histoire puzzle, les différentes générations et bien sûr les références rock sont présents, réalistes et incroyablement bien livrés ! Le seul hic, j’en ai trouvé un, c’est que 20th Century Boys est destiné aux fans de l’œuvre de départ. Je vois difficilement un spectateur lambda ou un non-connaisseur du manga juger ce film excellent et -surtout- le trouver crédible. On verra bien… Enfin moi je suis fan et je lui mets direct 7/7 (oui je note sur 7, plus d’infos dans l’onglet cinéma).

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20th Century Boys | Bande-annonce (vost)

Nous avions ensuite rendez-vous au musée du Louvre (!) qui est fermé au public le mardi paraît-il. Après avoir reçu un prestigieux autocollant « PRESS » en rouge et blanc avec du japonais écrit dessus, nous sommes descendus dans la salle de La Joconde. (Je n’avais jamais vu La Joconde (oui j’habite Paris et je n’ai jamais visité Le Louvre, La Tour Eiffel…), j’étais déçu ! C’est un tout petit tableau au milieu d’un mur de 10 mètres de haut sur 10 mètres de large ! Wah !). Bref dans cette grande salle avait lieu les interviews de 3 personnes de l’équipe du film : Seiji Okuda (producteur exécutif), Toshiaki Kurasawa (l’acteur qui interprête Kenji) et Takako Tokiwa (qui joue Yukiji). Ça a duré un peu plus d’une heure, très bon souvenir, surtout que j’ai pu « visiter » en accéléré le Louvre tout seul ! Yeah !

La politesse japonaise et leur courtoisie m’ont une fois de plus étonné et je suis toujours autant admiratif des coutumes de ce pays. Les questions/réponses n’étaient pas terribles et les traductions très simplifiées mais peu importe. Pour couronner le tout Takako Tokiwa est venue en jolie kimono, admirez !

Saez : retour du petit prince torturé

Le temps où Damien Saez criait qu’on est jeune et con paraît bien lointain, à peine neuf ans pour être précis. Depuis l’artiste a grandi et il sort son quatrième album, garni de trois disques : Varsovie, L’Alhambra et Paris. Le provocateur torturé, trente ans seulement cette année, risque de surprendre une fois encore. Attendu depuis des mois, ce nouvel opus dépasse les espérances mais peut décevoir certains fans, non habitués au genre spécifique de l’album : uniquement de l’acoustique. Les quelques extraits diffusés sur le net, via des sites officiels et des MySpace, sont d’ors et déjà des futurs classiques. Notamment Jeunesse lève-toi, qui appelle les générations d’étudiants à se bouger. Un thème cher à l’auteur qui l’avait déjà illustré dans ses précédents albums.

Le dandy révolté a commencé le piano à 9 ans, au conservatoire de Dijon, il en ressortira une décennie plus tard, diplôme en poche. Damien Saez s’essaie alors à la guitare, compose et tente le tout pour le tout en partant à Paris. Trois printemps s’écoulent et, en octobre 1999, son premier album, Jours étranges, sort dans les bacs. Mélange de sons bruts et obtus (Sauver cette étoile, Amandine II, Rock’n’roll Star) ou de mélodies nostalgiques (Montée là-haut, Petit Prince). Il se vend à plus de 200 000 exemplaires, devient une référence majeure dans la musique française et révèle un nouvel artiste, engagé et sale gosse, devenu l’icône du rock de ce nouveau millénaire. Damien Saez, romantique hanté par la mort, incarne bientôt le portrait « crashé » d’une jeunesse perdue qu’elle adule et qu’il nourrit de rêves et d’espoir.

En 2001, l’auteur publie À ton nom (chez Actes Sud), recueil de textes, nouvelles ou chansons gravitant autour de l’amour, la mort et la religion. Certains seront mis en musique pour l’album God Blesse, sorti quelques mois plus tard. Le chanteur aurait pu s’enfermer dans une bulle commerciale et a choisi d’illustrer son second opus par deux CD, composés essentiellement d’instrumentales au piano et de chansons qui feront mouche, telles que Sexe, So Gorgeous ou J’veux qu’on baise sur ma tombe… Toujours provocateur, un tantinet libertin, révolté, Saez vend et remplit les salles de concert. Entre temps l’homme publie sur le net Katagena et Fils de France. Katagena offre une heure de musique sans prétention, « juste pour le plaisir », disponible gratuitement. Fils de France, créé en dix heures après l’annonce de la qualification de Le Pen pour le second tour des présidentielles, est une fois encore un cri de révolte. Août 2004, les fans découvrent Debbie, nouvel album de Saez, aux sonorités plus rock, toujours sombre mais l’ensemble se révèle moins captivant que ses prédécesseurs. Toutefois Céleste et Marie ou Marilyn resteront longtemps dans les mémoires des fans.

Quatre ans plus tard, de nouvelles chansons sont en ligne, le public jubile : Numb, Jessie, Killing the Lumbs, Yellow Tricycle, Jeunesse lève-toi… Les rumeurs circulent rapidement. Plus de trente morceaux répartis comme un voyage sur trois albums. Un peu moins disent certains. Tous en acoustique stipule-t-on sur le site de la Fnac. Chantés uniquement en anglais affirment d’autres.

Les réponses nous ont été données mi avril. Ce sont bel et bien vingt-sept chansons acoustiques françaises qui envoûtent l’auditeur. Les paroles sont comme toujours soignées mais ici elles passent avant tout. La musique, très minimaliste, ne sert qu’à accompagner le spleen de Damien et se résume essentiellement à une voix et deux guitares répétant les mêmes accords, inlassablement. Car son ennui, sa tristesse et sa vie, il la raconte avec brio, sincérité et émotion. On pense très vite à un mix entre Brel et Baudelaire.

Tout commence avec Varsovie et, dans la capitale éponyme, le chanteur clame sa tristesse. Que tout est noir, devient le refrain emblématique de ce CD mais aussi de l’ensemble des disques. Car oui, tout est noir dans son monde, et l’homme torturé doit cracher son dégoût, il vomit véritablement sa plume, au sommet de son art, en la croisant mélancoliquement avec des petits sons simplets mais tristement efficaces. Nul doute que sa vie privée est impliquée dans les morceaux. Rupture et dégoût au premier plan. Toutefois, quelques gouttes d’espoir subsistent, S’en aller, hymne à l’indépendance, l’amour et la liberté, offre un léger sourire face à la société, à laquelle s’affronte, seul, un chanteur paumé qui prend la fuite à cause/grâce à l’Amour. On a pas la thune rejoint cet esprit : « On a pas la thune mais l’espoir, pas le blé mais l’envie […] y’a les cons au pouvoirs, où tout ça nous mènera ? ».


Jeunesse lève-toi (live au Théâtre des Bouffes du Nord – 2008)

On peut stigmatiser la thématique trop oppressante sur ce triple album, les dépressifs apprécieront, les autres, peu larmoyants, beaucoup moins. La voix stridente, aiguë, parfois hésitante, de Damien Saez irritera les novices. Mais à ceux qui lui reprocheront de trop en faire sur l’amour, depuis ses débuts dans la musique et surtout dans Varsovie, à ceux lassés du répertoire du chanteur, bien malin l’artiste qui leur répond dans l’Abattoir : « Oui je sais, je suis glauque avec mes chansons tristes, mais j’emmerde le monde et il me le rend bien, c’est un peu comme si nous étions quittes ».

L’auteur-compositeur a mal et nous le fait très bien savoir. Certains s’en foutent, d’autres choisissent de l’accompagner dans sa douleur. « J’en ai marre de ce cœur mon Dieu qui ne bat plus […] putain vous m’aurez plus ». Connaissant le talent de composition et le travail de l’auteur, on aurait aimé trois disques différents, un instrumental piano, un acoustique guitare et un pur rock par exemple. Mais il reste ce voyage initiatique, surprenant car inattendu, en quête de deuil à l’amour, propos universel mais juste, qui fait de Varsovie, l’Alhambra et Paris l’œuvre la plus complète, aboutie et travaillée de l’artiste. Celle qu’on se remémorera encore dans de longues années avec nostalgie, frissons et émotions.

■ À propos de cet article : La première partie est un portrait de Damien Saez, que j’avais écrit pour le journal de l’école (l’IPJ), basé sur la maquette du Parisien, en avril 2008. Le premier jet a été un peu retouché par un correcteur mais grosso modo l’ensemble est resté le même, ce qui est plutôt chouette. La seconde partie concerne son nouveau triple album, avec une critique personnelle, afin d’actualiser le portrait pour le rendre publiable. L’article est donc paru début mai sur culturofil.net, un web-zine culturel sur lequel je fus rédacteur musique deux mois. Quelques semaines plus tard il a été publié sur viparea.cc, un site communautaire. Il est aussi disponible dans la section presse du site Saez World.com, ce que je considère comme un « honneur ». J’ai modifié deux ou trois petites choses en le recopiant ici pour le rendre plus fluide et agréable à lire. Sans prétention de ma part, je pense que c’est un de mes meilleurs articles à ce jour.
MàJ : J’ai ajouté ma propre vidéo du concert au Théâtre des Bouffes du Nord, le son n’est pas top mais c’est un chouette souvenir.