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Interview : Maxime Schucht (Oxygen)

Depuis 2002, Maxime Schucht est le chanteur et compositeur d’Oxygen, un groupe qui délivre une alchimie parfaite entre l’efficacité des mélodies pop et la noirceur mélancolique du son rock. Leur nouvel album est sorti le 3 mars : Le dernier clair de lune, six ans après leur premier opus déjà prometteur, Poussière d’étoiles, puis en 2006 Supernova & the Dark Side of the Pop. Oxygen sera à La Boule Noire le 3 avril. L’occasion pour le groupe de jouer en live sa nouvelle set-list. Entretien avec le charismatique leader.


Avant de lire cette interview je vous invite à la télécharger en pdf ! Cinq pages avec une petite maquette créée pour l’occasion, n’hésitez pas à me laisser votre avis svp ! Un petit aperçu pour vous donner l’envie ! (Vous pouvez aussi cliquer sur les images pour les voir en plus grandes mais elles seront en basse définition).

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Comment est né Oxygen ?

Maxime : Après la séparation de mon premier groupe (Vitamins), j’ai mis la musique un peu de côté pendant une année puis j’y suis naturellement revenu assez rapidement. J’ai alors décidé de me lancer dans un projet, tout d’abord seul mais sous un nom de groupe ,en attendant de rencontrer les bonnes personnes avec qui partager l’aventure. Anne, Pierre et Stéphane ont successivement rejoint le projet et ainsi est né Oxygen dans sa forme définitive.

Vos albums évoquent beaucoup l’amour, la sexualité, la mort, un coté « romantisme noir ». Des thèmes qui touchent beaucoup les adolescents, majeure partie du public d’Oxygen, vous attendiez vous à cela ?

J’aborde ces thèmes de manière assez naturelle puisqu’ils traduisent finalement mes préoccupations, mes émotions et mon ressenti dans la vie. Je suis très attiré par tout ce qui touche aux émotions et aux sensations et j’essaye de retranscrire cela dans la composition et l’écriture. Je ne me suis jamais dit « tiens je vais écrire pour un certain public », le fait de toucher particulièrement un public adolescent a donc été a la fois une surprise tout en étant assez naturel puisque je pense que je suis encore un peu prisonnier de tous les doutes propres à l’adolescence. Je n’ai peut-être pas vraiment fini de grandir.

La chanson Outre-Tombe parle de vos premières parties d’Indochine sur la tournée Alice & June. Des angoisses et de l’extase procurés à ce moment. Comment s’est déroulée cette aventure ?

Nicola Sirkis a écouté notre musique, est venu nous voir en concert et a, j’imagine, apprécié ce qu’il a vu et entendu. Début 2006 il a évoqué dans des inteviews son envie de nous prendre en première partie mais nous n’avions pas encore eu de contacts direct à ce sujet avec lui. C’est durant l’été 2006 que nous avons reçu un coup de fil de Nicola pour nous proposer les premières parties. Nous étions complètement euphoriques car c’était un double événement pour nous, à la fois connaître le frisson de très grandes salles de concert mais également la joie d’ouvrir pour un groupe qui a énormément compté dans nos vies musicales. Après l’euphorie est venue l’angoisse d’être à la hauteur, car se retrouver devant 7 000 à 12 000 personnes qui ne sont pas venus pour vous au départ n’est pas quelque chose de facile ! Nous avons énormément travaillé pour être vraiment prêts.

L’expérience a été incroyable, un mélange de stress et de rêve, c’était magique d’entendre notre musique se propager dans ces grandes salles, le public a été adorable et nous a réservé un accueil chaleureux, toute l’équipe de la tournée nous a également vraiment bien accueillis ! Ces concerts resteront gravés dans ma mémoire comme quelques uns des plus beaux moments de ma vie.

Quelles sont vos influences ?

C’est toujours difficile de citer des influences sur le plan musical, parce qu’on écoute beaucoup de choses très différentes que l’on ne reconnaît pas nécessairement au premier abord dans notre musique. Nous sommes en fait influencés par tout ce qui est ultra mélodique, ça va des Beatles, à la pop et au rock des années 80 avec des groupes comme Indochine, The Cure, U2, en passant par des groupes comme Nirvana ou Placebo. Au final, nous essayons de faire une musique qui nous est propre même si évidemment nous n’avons pas la prétention de réinventer le pop-rock.

Tu étais juriste auparavant. N’était-ce pas dur de jongler entre la vie d’artiste et de juriste ?

Si aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir me consacrer uniquement à la musique, j’ai en effet mené pendant une période cette double vie. Malgré le succès naissant du groupe, nous ne pouvions pas encore vivre de la musique et je continuais donc a exercer à coté, un travail a responsabilité dans le domaine du droit. Je suis content de pouvoir parler de ça car c’est quelque chose que peu de gens imaginent. Il est difficile aujourd’hui de ne vivre que de la musique et bien des artistes que vous voyez sur scene ou entendez à la radio doivent à côté avoir un travail plus « classique ».

Cette double vie est souvent difficile. Matériellement tout d’abord car il n’est pas aisé de se combiner ce travail et les concerts, interviews ou enregistrements. Psychologiquement aussi, car pour prendre un exemple personnel, se retrouver au lendemain d’un concert devant 10 000 personnes (lors des premieres parties d’Indochine) dans un bureau a devoir être à 100% concentré sur un dossier, est quelque chose de très déroutant.

Cependant, il faut relativiser et se dire que c’est au contraire une chance énorme et finalement un confort que de pouvoir vivre des choses aussi incroyables. Il y a des situations bien plus compliquées que ça dans la vie et ce serait déplacé au final de pleurer sur son sort.

Vos communiquez souvent avec vos fans sur MySpace ou facebook, il existe une réelle proximité entre eux et le groupe. Pourquoi cette volonté ?

C’est quelque chose de naturel pour nous. C’est grâce a nos fans que nous avons la chance de vivre l’aventure incroyable que nous vivons et c’est donc naturel de les associer le plus possible à la vie et aux projets du groupe. Leur soutien nous touche beaucoup et on a envie du coup de leur témoigner autant d’affection en retour. C’est passionnant en plus de connaître le ressenti des personnes qui écoutent notre musique, on la redécouvre d’une certaine manière, on voit comment les gens la ressentent et se l’approprient. C’est pour toutes ces raisons que nous tenons a être le plus disponible possible pour notre public.

Tu es en couple avec Anne, la guitariste du groupe, est-ce difficile de passer de la vie quotidienne avec elle à la scène entre « collègues » ?

Anne et moi sommes en effet mariés depuis plusieurs années. C’est avant tout un immense bonheur que de pouvoir partager avec sa moitié quelque chose d’aussi intense que l’aventure musicale que nous vivons. Je pense que c’est souvent difficile de partager la vie d’un artiste lorsqu’on ne vit pas soit même une aventure artistique. La vie artistique est quelque chose de tellement fort et tellement passionnelle que la personne avec qui l’on vit peut se sentir un peu perdue et à l’écart, presque trompée. Un groupe, c’est parfois un peu une deuxième vie amoureuse et c’est donc vraiment une chance de pouvoir partager à 100% l’euphorie et les doutes de la vie de groupe avec la personne que l’on aime.

La difficulté en revanche, comme le suggère ta question, c’est de passer de la relation de couple à celle de collègues lorsque nous sommes dans le cadre d’Oxygen. Il est parfois difficile de se détacher émotionnellement de l’autre et de ne pas prendre trop personnellement des reproches ou des directives qui concernent uniquement le travail dans le groupe. De même, il peut arriver que j’ai moins de tact pour donner une consigne ou faire un reproche à Anne lors d’une répétition que lorsque je m’adresse à Pierre ou Stéphane. Il faut réussir à se dire que l’autre nous parle dans ces moments en tant que membre du groupe et pas en tant que conjoint.

Il faut également arriver à laisser à la porte de la salle de répétition ou de la salle de concert les petits tracas ou différents qui arrivent nécessairement dans une vie de couple.

Tu as collaboré avec Pascal Pacaly pour une nouvelle de son roman « Rock Stories », que penses tu de la version finale ?

Je n’ai pas réellement collaboré puisque nous avons simplement raconté la vie de notre groupe à Pascal qui a ensuite écrit seul la nouvelle. Le mérite lui revient donc entièrement. J’aime vraiment le concept qu’a eu Pascal de réunir l’histoire de différents groupes dans un bouquin et de « romancer » ces histoires en les encrant dans des contextes fictifs extraits de l’univers des groupes. On s’éloigne de la biographie classique en confrontant le réel et l’imaginaire de chaque groupe. C’est difficile ensuite de se prononcer sur la nouvelle nous concernant car c’est assez particulier de retrouver des choses parfois très intimes de nos vies racontées à travers les mots de quelqu’un d’autres, en tout cas c’est un très beau projet.

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Clip Extase-X | 1er single issu du nouvel album,  Le dernier clair de lune.

Quels sont les projets d’Oxygen?

Le principal projet c’est bien évidemment la scène avec des concerts à partir du mois d’avril en France et en Belgique pour défendre en live le nouvel album.

Nous travaillons également activement sur le développement du groupe et nous devrions annoncer au fur et mesure d’autres projets et encore plus de dates. Nous allons également lancer très bientôt une sorte de journal Web d’Oxygen qui permettra de suivre très régulièrement au travers de photos, textes et vidéos les coulisses de la vie du groupe.

Oxygen a participé aux deux éditions des Divisions de la Pop, y serez vous encore cette année?

Si une nouvelle édition a lieu nous devrions en faire partie.

N’est ce pas frustrant de voir de plus en plus de chanteurs issus de la téléréalité ou de plans commerciaux etre distribués dans le commerce alors que de petits groupes pop/rock français essayent de se faire une place ?

Le problème n’est pas tant que ces artistes soient produits mais qu’une grande partie des professionnels du milieu ne fassent plus la démarche de produire autre chose que des artistes issus de ce type de parcours ou des artistes « bobo-parisiens ». Nous sommes les premiers spectateurs du décalage qui existe entre ce qu’une énorme partie du public a envie d’entendre et ce vers quoi se tournent les professionnels du milieu. Ça peut parfois être frustrant en effet mais l’important reste le public et nous avons la chance d’en avoir un, ce qui permet de relativiser tout ça. C’est bien plus gratifiant d’être aimé pour notre musique que pour une image qui serait le résultat d’un simple plan marketing !

Vos concerts sont assez longs et votre album comporte 16 titres, c’est beaucoup non?

Nous avons pas mal de morceaux avec trois albums maintenant et du coup cela permet de faire des concerts plus longs. Nous essayons de trouver un juste milieu entre le concert trop court et le concert trop long qui devient ennuyeux. Il faut que ça reste un instant hors du temps un concert, avec suffisamment de magie mais aussi une petite frustration que ce soit fini, donc il ne faut pas non plus éterniser le set.

Pour le dernier album qui comporte 16 titres, ça a été un choix difficile car nous sommes arrivés en studio avec plus de 20 morceaux préproduits. Nous avons finalement enregistré 17 morceaux, 16 d’entre eux figurent sur l’album et un inédit (Image) figure en face B du premier single. L’album est long mais nous le voulions vraiment comme un voyage dans notre univers, qui prend le temps de parcourir toutes nos différentes facettes musicales. Aucun morceau n’est la en remplissage, nous croyons réellement en chacun des morceaux et en son importance sur cet album

Que penses tu du nouvel album d’Indochine ?

Je ne connais pour l’instant que le premier single car au moment où je te réponds l’album n’est pas encore sorti. J’adore vraiment le premier single qui a un certain parfum d un de mes albums préférés d’Indo, « Un jour dans notre vie ». J’attends impatiemment l’album !

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Quel est ton rêve ?

Question difficile, je dirais qu’aujourd’hui mon principal rêve serait de vivre encore longtemps et encore plus fort les instants magiques que je vis avec Oxygen, notamment les émotions que me procurent les moments partagés avec le public.

L’endroit où tu aimerais jouer ?

L’Olympia car c’est une salle mythique que j’adore vraiment (et puis le nom en lettre rouge, ça serait la classe). Et puis aussi le stade de france pour la démesure, ça fait rêver!

La personne avec qui tu rêverais de faire un duo ?

Etienne Daho, un artiste et une voix que j’adore et qui dégage sur scène une naïveté et une sincérité dont je me sens très proche.

Si une chanson d’Oxygen devait faire partie de la B.O. d’un film, laquelle serait l’idéale et dans quel film ?

Sans hésitation, « Voyage vers Xibalba » la derniere chanson du nouvel album, pour la B.O du film The Fountain de Darren Aronofsky. La réponse était facile car j’ai écris cette chanson juste après avoir vu le film, elle en est directement inspirée. Je m’étais même amusé a faire un petit montage vidéo d’extraits du film sur la musique.

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À propos de cette interview : Elle a eu lieu par échange de mails. Je connais Oxygen depuis quelques années grâce à leur MySpace. Je les ai vu en concert quelques fois et j’avais discuté avec Maxime après un show acoustique de Daisybox (critique de leur nouvel album + interview du groupe bientôt en ligne !), qui, à ma grande surprise, me connaissait ! Puis très récemment sur facebook, alors qu’on papotait je lui ai proposé l’interview pour mon blog et il l’a accepté tout de suite. Si tout va bien, 3 questions de cet entretien seront publiées dans l’actu. Je me suis lancé comme défi de réaliser une maquette pour cette interview. Celle que vous pouvez télécharger ici. Ça m’a permis de bien taquinner InDesign et de m’entraîner pour des prochaines fois. Bref à vendredi pour ceux qui seront au concert, venez les voir, ça déchire ! Et puis il y a une grande proximité avec le groupe, c’est tellement rare maintenant. Découvrez-les vite !

Cliquez ici pour acheter un billet pour vendredi, 12 euros le concert, avec Anatomie Bousculaire en première partie.

■ Photos : Claire Lise Havet

■ MàJ : Le concert était excellent ! Quelques photos et bientôt une vidéo de Je rêve si le son est pas trop naze.


Interview : Nicola Sirkis

Le double CD et DVD live du Alice & June Tour, du groupe Indochine, est en vente depuis le 3 décembre. Le chanteur et fondateur du groupe, Nicola Sirkis, a donné cinq derniers concerts pour clore la tournée ce mois-ci. Il évoque le futur album studio et revient sur ces lives qui, depuis deux ans, ont réuni plus de 600 000 spectateurs au terme de 70 dates (dont trois Bercy complets).

Le concert a été enregistré au Zénith de Lille (Nord) en mars dernier. Pourquoi avoir choisi cette ville ?

Nicola Sirkis : Il n’y a pas de favoritisme particulier, même si on a un noyau de fans dans le Nord. On voulait surtout que l’équipe qui filme et enregistre le concert ne soit pas la même que pour notre live de 2003 à Bercy. Les caméras étaient trop fixes, ça ne reflétait pas l’ambiance. Là, on a eu une équipe de cadreurs flamands, spécialisés dans les concerts et habitués à être dans la fosse. On souhaitait un beau souvenir de la tournée et c’est réussi : on se sent vraiment au coeur du concert !

Indochine remplit à la fois des petites salles et Bercy (17 000 personnes). De quoi pouvez-vous encore rêver ?

Ça fait toujours peur, l’avenir. Mais on ne veut pas voir plus grand. Remplir des stades ou conquérir un public international ne nous intéresse pas. On alterne grandes et petites salles, on aime ça et les concerts sont toujours fabuleux. C’est fatigant mais on ne se plaint pas, on est là et on a nos fans.

Où en est le futur album ?

Nous avons déjà une vingtaine de chansons. On va continuer l’écriture et la composition jusqu’à mars-avril, et on rentrera en studio à l’été 2008, pour enregistrer les morceaux. On espère que l’album sortira en 2009, avec, bien sûr, une autre tournée. On a trois chansons qui sont entièrement en anglais. Mais je préfère l’écriture française, même si maintenant on fait un peu de « franglais » dans nos chansons. Ce qui est sûr, c’est que je ne chanterai jamais en allemand !

À propos de l’allemand, que pensez-vous de Tokio Hotel ?

Ah, ben… Euh… Voilà quoi ! Les enfants de Chantal Goya et de Dorothée (rires) ? Je ne veux pas les démonter, je n’ai écouté que deux ou trois trucs d’eux. J’ai du mal avec l’allemand. Sinon le chanteur est mignon, mais il a les dents un peu trop en avant (rires) !

Entretien réalisé par Thomas Suinot

■ À propos de cette interview : J’en suis très fier ! Je trouve qu’avec ces 4 questions, j’ai réussi le pari risqué de satisfaire les fans en soulevant des éléments pas forcément évoqués dans d’autres entretiens avec Nicola Sirkis. On m’a reproché d’avoir posé « seulement » quatre questions. Précisons qu’au total j’en avais à peu près le double (sur Vancouver entre autres) mais par contrainte de maquette (et d’obligations) je ne pouvais pas toutes les mettre dans le journal, je pourrais les mettre ici mais ça n’a plus guère d’intérêt maintenant. Enfin visiblement c’est trop compliqué à comprendre pour certains… Bref, passons ce petit private joke pour parler de la journée d’interview, le 10 décembre 2007, à Nancy, juste avant l’avant-dernier concert du Dernier petit tour d’Alice & June. Donc interview presque privée (la photo où il sourit est de là) devant un chanteur que j’adore depuis mon enfance, je lui ai offert mon bouquin, le live était magnifique, au premier rang devant lui, j’étais sur scène à la fin… Que de merveilleux souvenirs quoi ! L’interview était en page 8 de l’Actu quelques jours après, elle a été retranscrite sur pas mal de sites Internet (dont l’indo-forum et même sur un site, traduite en espagnole (!)). Au-delà de réaliser ce rêve de gosse, j’ai réussi à rester professionnel devant une idôle, ce qui est franchement cool ! Les avantages du métier…

Photos : © Missy & PlayBac Presse.