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Les Comics au Cinéma : La Bande Décimée ?

■ Je vous en parlais fin février dernier, mon papier sur les adaptations de comics au cinéma a été publié dans le mensuel indépendant Brazil. Thor est sorti la semaine dernière, les infos pleuvent sur les autres super-héros qui vont arriver dans les salles obscures, bref c’est le bon moment : voici donc l’article en entier !

Thor débarque fin avril sur nos écrans, il sera suivi début juin de XMen : First Class, puis de Green Lantern et Captain America en août. Les premières images issues des teasers ne sont guère rassurantes. Adapter un comic book au cinéma n’est pas chose aisée, nombreux s’y risquent et si, souvent, le résultat au box-office est positif, voire glorieux pour certains, la satisfaction d’un fan de l’œuvre originale ne l’est pas forcément. Encore moins lorsque ce même fan a un penchant cinéphile et aime une mise en scène soignée, un scénario brillant, un jeu d’acteurs parfait, une belle photographie, etc. Peut-être qu’un fan exige la perfection lorsqu’un réalisateur se tente à filmer les aventures de ses héros d’encre et de papier mais peut-être -sûrement- qu’il a raison. Deux experts en comics confient leur ressenti global sur les adaptations.

Jérémy Mannesse, traducteur de bandes dessinées (www.jeremymanesse.com) chez Panini Comics (Preacher, Transmetropolitan, Batman : Secrets…), est « plutôt bon public et pardonne facilement quand les films ne remplissent pas la tâche impossible de concentrer la quintessence de quarante ans de vie en 1h30 ».
Le blogueur Neault, spécialiste des comics books (http://comicsmarvel.blogspot.com) est beaucoup plus sélecte : « J’apprécie en général très peu les adaptations. Le problème avec la fidélité, c’est que la plupart des gens ne la placent pas au bon endroit. »

« Ce qu’il faut retrouver dans une adaptation, c’est l’essence du personnage »

Par exemple, « Peter Parker, c’est un type qui a plein d’emmerdes dans sa vie privée et qui s’éclate lorsqu’il endosse son costume de super héros. C’est tout. Il est donc ridicule de lui coller des problèmes d’adolescents alors qu’il est trentenaire ou de refuser de le faire grandir » confie Neault, Cyril de son prénom. « Ce qu’il faut retrouver dans une adaptation, c’est l’essence du personnage, sa couleur, son parfum. Après, ne pas respecter telle ou telle anecdote présente dans le matériel original, ce n’est pas bien grave. Les auteurs de comics euxmêmes ne les respectent pas toujours. »
On peut distinguer aisément plusieurs catégories d’adaptation : les divertissantes, qui se veulent à la fois fidèles au support original, tout en étant blockbuster, principalement destinées aux ados et jeunes adultes, comme les Iron Man, Spiderman, XMen… Celles-ci sont souvent décriées par les fans extrêmes, mais globalement appréciées par le grand public, voire la « critique presse ». Les adaptations familiales, se forçant à séduire le plus large public possible, des petits et grands : on retiendra surtout Les 4 Fantastiques et sa suite avec le Surfeur d’Argent en tête des bides.

Jérémy s’explique : « Des adaptations que les fans de l’original trouvent réussies, elles se comptent sur les doigts de la main, parce que la notion de fan englobe toujours une certaine psychorigidité. Hurler parce qu’on n’a pas de pieuvre géante, parce que Cyclope est tué en deux scènes ou parce que la Veuve Noire n’a pas l’accent russe, c’est un peu vain. On dit souvent que traduire, c’est trahir, mais adapter aussi. Et les fans ont une certaine propension à enculer les mouches, ça ne date pas d’hier. »

« Les lecteurs sont marginaux, même aux États-Unis, ils ne représentent rien
face au public potentiel d’une grosse production hollywoodienne »

Neault s’étend : « Les adaptations sont le plus souvent mal fichues parce qu’elles ne s’adressent pas aux lecteurs de comics, mais à un public familial le plus large possible. Les lecteurs sont marginaux, même aux États-Unis, ils ne représentent rien face au public potentiel d’une grosse production hollywoodienne. Et les décideurs veulent ratisser large, ce qui se comprend, mais pour se faire, ils emploient de mauvaises méthodes. Ils ne veulent surtout pas être «segmentant» et se couper d’une partie du public (parce qu’au final, tout le monde connaît Spider Man ou Superman, même sans lire les séries). »

« Malheureusement, vouloir plaire à tout le monde, c’est souvent le plus court trajet vers le fade et la tiédeur. C’est aussi un peu un cercle vicieux auquel participent media et fans. On fait tout un plat du casting, du design des costumes, des effets spéciaux. Mais tout cela, ce n’est rien, ce sont les ustensiles. Une fois qu’on a de beaux couverts, on aimerait bien manger avec. Et manger, c’est sale, ça laisse des traces de gras ou de sang autour de la viande, cela suppose du vécu, de l’épaisseur. Trop souvent, les adaptations de comics se limitent aux couverts. On admire les fourchettes, mais on ne s’en sert pas ».

« Insuffler un peu de vie dans des costumes trop souvent vides »

« Le problème principal n’est pas que les réalisateurs ou les scénaristes soient fidèles ou non aux personnages, continue le blogueur, le problème vient du fait qu’ils ne s’en servent pas. Ils les exposent comme des statues de cire, sans jamais penser à insuffler un peu de vie dans leurs costumes trop souvent vides. Une adaptation, ou même une histoire originale, c’est une vision, ce n’est pas fait pour que tout le monde y adhère (et c’est même souvent en ne se préoccupant pas de « recettes » établies que l’on trouve l’adhésion). Je ne crois d’ailleurs pas que l’on puisse écrire en se posant sans cesse la question de savoir si l’on va plaire ou non. Les écrivains et les réalisateurs ne sont pas des publicitaires, il serait bon qu’ils s’en souviennent parfois ».
Dans les oeuvres à controverse, on peut aisément citer Wanted, Hellboy, 300, The Crow, 30 jours de nuit, From Hell, Hulk (d’Ang Lee)… « J’ai beaucoup d’affection pour celui-ci, qui est un film d’auteur, alors que j’ai trouvé celui de Leterrier assez pourri du point de vue de l’écriture » se souvient Jérémy Manesse. Sa méthode pour éviter la déception ? « Quand je vais voir un film tiré d’un comics, j’oublie l’oeuvre originale, c’est le meilleur moyen de passer un bon moment. »

Pour le plaisir, évoquons gratuitement les immondes Daredevil, qui pourtant bénéficiera d’un spin-off tout aussi mauvais : Elektra. Sans oublier Ghost Rider, dont une suite arrivera prochainement… La Ligue des Gentlemen Extra-Ordinaires, ou comment détruire un mythe du neuvième art, et même The Spirit, mis en scène par Frank Miller, auteur de comics et co-réalisateur du pourtant très réussi Sin City (de Robert Rodriguez). Ce dernier est un chef-d’oeuvre à tous points de vue : la photographie, le casting, le scénario, la réalisation et évidemment une fidélité hors pair aux tomes originaux de… Miller. Les adaptations « one-shot », dont seul un volume est à l’origine de l’histoire, ont un résultat souvent excellent : A History of Violence, V pour Vendetta et, surtout, Watchmen.

LE CAS WATCHMEN

Ce dernier, chef d’oeuvre d’Alan Moore, a été adapté à l’écran par Zack Snyder qui avait déjà réalisé 300, un comic de Frank Miller. Selon Neault, « Watchmen est une tentative vraiment honnête et plutôt réussie. On ne s’ennuie pas (ne pas emmerder son auditoire, c’est tout de même un critère important lorsque l’on raconte une histoire), les personnages sont respectés, les effets sont au service du récit et non l’inverse, et puis il se dégage quelque chose d’indéfinissable, dont personne n’a vraiment la recette, et qui fait que l’on a parfois des frissons de plaisir en étant embarqué dans un univers ».

De rares éléments ont été intelligemment modifiés pour le long-métrage et le résultat est tout bonnement excellent. Curieusement, Jérémy Manesse n’approuve pas à 100% ce film : « Watchmen est très fidèle, certes, mais le style de Snyder ne colle pas du tout à l’univers de la BD. Du coup, dès qu’il y a des scènes d’action, on s’ennuie, et l’ensemble est un peu trop esthétisant à mon goût ».

« Il suffit tout simplement de ne pas prendre le spectateur
(et accessoirement lecteur) pour un idiot »

Il ne faut pas se leurrer : ce qui poussent les producteurs à tenter l’aventure avec l’adaptation d’un comic, c’est avant tout le fric qui peut être engendrer. Peu se soucient de la possibilité de voir une œuvre cinématographique artistiquement réussie. « C’est une machine à fric, évidemment, mais comme tout ce qui est film à grand budget. Ça n’empêche pas la qualité. Moi, je continue à prendre du plaisir à voir les adaptations, et ça a le mérite de mettre en lumière ce médium » confie Manesse. Effectivement, « de nos jours, ce sont plutôt les considérations commerciales qui priment » ajoute Neault. Rien de bien nouveau donc, pas la peine d’engendrer un débat inutile là-dessus.

« Un film de super héros tiré d’un comic book peut être divertissant et intelligent ! »

Heureusement il existe des auteurs, comme Christopher Nolan, talentueux metteur en scène qui livre de véritables bijoux du septième art, lorsqu’on leur confie un personnage tel que Batman. Un scénario adulte qui montre qu’il suffit tout simplement de ne pas prendre le spectateur (et accessoirement lecteur) pour un idiot.

Le résultat est là : plus d’un milliard de dollars de recettes dans le monde, troisième plus gros démarrage de tous les temps aux États-Unis (derrière le troisième volet du Seigneur des Anneaux et Titanic) et on ne parle pas des ventes Blu-Ray/DVD. Oui, un film de super héros tiré d’un comic book peut être divertissant (n’est-ce pas là l’un des buts du cinéma après tout ?) et intelligent !
Un concept que souhaite Joss Whedon, auteur de comics et célèbre créateur de Buffy contre les Vampires, pour The Avengers, prévu pour l’année prochaine. Un long-métrage qui fera un carton quoi qu’il arrive : Iron Man, Hulk, Captain America et plein d’autres icônes Marvel réunies dans le même film. Seul hic, de l’aveu même du metteur en scène : « Je ne suis pas très doué à la réalisation ». Il n’est pas trop tard pour changer alors ! Dans un avenir proche, on ne voit que deux films comme valeurs sûres : The Dark Knight Rises, qui bouclera la trilogie de l’homme chauve-souris et le Wolverine revisité par Darren Aronofsky (The Wrestler, Black Swan, Requiem for a Dream), qui devrait faire oublier la fade réalisation de Gavin Hood.

■ Un article relativement long (plus de 10.000 signes), qui n’était pas si simple à écrire que ça en a l’air. Le sujet étant extrêmement vaste et ayant carte blanche, je souhaitais réaliser une sorte de « dossier » en trois parties (les bides, les succès, les projets), mais c’était finalement trop complexe à mettre en place.
Je ne savais pas trop comment angler mon papier, de plus la liste des adaptations est sans fin, le but n’était pas de citer tous les films et les critiquer. Et puis cela aurait était trop « déplacé » tant les avis sont subjectifs, ça n’aurait eu aucun intérêt.
Finalement les avis « d’expert » se sont imposés d’eux-mêmes, à la fois logiques, utiles et brillants. Je connaissais déjà Neault (je vous conseille et reconseille encore son blog, une mine d’or pour ceux qui découvrent ou lisent des comics régulièrement), je le savais franc et bavard, c’était l’idéal. Le travail de Jérémy Manesse n’est plus à prouver dans le monde des comics, cela faisait un autre interlocuteur tout aussi intéressant !
Du coup l’article est principalement composé de leur citations, mais ce n’est pas plus mal, « j’interviens » pour mieux rappeler tel ou tel film, redonner des infos, etc. Au final on lit presque un dialogue entre les deux, mais c’est passionnant !
Les deux entretiens (mêmes questions aux deux personnes) regorgent d’informations et d’avis extrêmement intéressants, mais malheureusement je ne pouvais pas tout mettre dans l’article… qui dresse, en fait, un bilan sans prétention des adaptations. Toutefois cette lecture est peut-être davantage réservée à un lectorat connaisseur et amateur des comics ? Je ne sais pas trop, j’attends vos avis ;-)
Pour terminer, je suis assez fier d’avoir été publié dans Brazil, cela faisait plus d’un an qu’un de mes articles n’avait pas été imprimé et sorti sur du « papier », c’est toujours agréable !
(Pour info : j’écrirai à nouveau pour le mensuel, peut-être pour cet été si tout va bien.)

Le numéro 38 de Brazil 2 – le cinéma sans concession($) sort dans les kiosques ce mercredi 23 février.

Brazil est un mensuel de cinéma indépendant, chaque rédacteur qui y travaille est libre d’écrire ce qu’il désire sur son sujet . Aucune obligation ou pression quelconque n’est imposée. Dis comme ça, ça peut paraître « normal », sauf que dans le milieu, c’est de plus en plus rare…

Vous trouverez dans ce nouveau numéro un de mes articles, sur les adaptations de comics au cinéma !

Thor débarque fin avril sur nos écrans, il sera suivi début juin de XMen : First Class, puis de Green Lantern en août. Les premières images issues des teasers ne sont guère rassurantes. Adapter un comic book au cinéma n’est pas chose aisée, nombreux s’y risquent et si, souvent, le résultat au box-office est positif, voire glorieux pour certains, la satisfaction d’un fan de l’œuvre originale ne l’est pas forcément. Encore moins lorsque ce même fan a un penchant cinéphile et aime une mise en scène soignée, un scénario brillant, un jeu d’acteurs parfait, une belle photographie, etc. Peut-être qu’un fan exige la perfection lorsqu’un réalisateur se tente à filmer les aventures de ses héros d’encre et de papier mais peut-être -sûrement- qu’il a raison. Deux experts en comics confient leur ressenti global sur les adaptations.

Pour lire la suite, achetez le magazine !

J’y évoque les adaptations honorables, les bides et les cultes, autour d’une double interview : celle de Neault, blogueur reconnu et critique de comics, et celle de Jérémy Manesse, traducteur de bandes dessinées qui officie chez Panini Comics.

Interview : Alina Dunaevskaya de Markize

[Découvrez cet article avec une mise en page spéciale sur un joli PDF de 6 pages,
à télécharger gratuitement en cliquant sur ce texte !!]

D’origine russe, Alina commence sa carrière par le conservatoire en danse classique, pendant 10 ans, et le solfège. Elle a aussi été danseuse/comédienne/choriste dans des opérettes par la suite. En 2003, elle rencontre David Verbecq (le batteur), et fonde Markize.
La première démo, Poussières de vie, sort l’année suivante et l’album Transparence en mars 2007. Les réceptions critiques sont positives, le disque est en rupture de stock quelques mois plus tard, une réédition sort en 2009, avec trois titres bonus, dont deux acoustiques, et des vidéos.

Alina [© Angéline Bésigot]

Markize à ouvert Tarja en automne 2010, comment s’est déroulée cette aventure ?
C’est elle qui est venue vers vous ou bien la prod ?

Nous étions en relation avec sa prod il y a quelques mois, et ils nous ont contacté pour nous proposer cette tournée concrètement au mois de septembre. Ça a été une merveilleuse nouvelle, nous n’avons pas hésité une seule seconde de répondre à la positive malgré la préparation du nouvel album. Nous avons fait une pause dans l’enregistrement et sommes partis en tournée avec Tarja en octobre, novembre et décembre dernier.
Nous avons joué en Pologne, République Tchèque, Ukraine, Hollande, Angleterre, Suisse, France, et enfin clôturé cette belle tournée par la Finlande, quoi de plus féerique en cette période de fête !
Le management de Tarja nous a proposé de continuer de faire toute la tournée de décembre avec elle, mais nous avons jugé plus raisonnable de nous poser pour terminer le second album, afin de ne pas prendre plus de retard sur la sortie et contenter nos fans.

« Nous recevons encore aujourd’hui
quantité de messages adorables
de fans de toute l’Europe ! »

Ça a été une expérience fabuleuse et l’accueil du public a été absolument époustouflant, nous ne nous attendions pas à autant de soutien ! Nous recevons encore aujourd’hui quantité de messages adorables de fans de toute l’Europe, et avons même été félicités très chaleureusement par le fanclub officiel polonais de Tarja, WinterStorm Poland.
Tarja nous a énormément soutenu également, et nous a rapporté que les fans disaient que nous étions leur meilleur groupe de première partie. C’est extrêmement touchant, ils nous apportent une telle énergie, une telle force, on se sent plus fort que jamais pour attaquer cette nouvelle année !
On s’attèle aujourd’hui en studio à terminer le nouvel album car nous avons vraiment hâte de partager de nouveaux moments de complicité, avec nos anciens et nouveaux fans en 2011.


Clip de Mon Ange

Un duo, quelque chose, est-il prévu avec elle ?

Pas pour le moment, le nouvel album est composé et nous sommes en plein enregistrement, mais pourquoi pas dans le futur !

Le second album devait sortir fin 2010, peut-on avoir une date et des infos dessus ?

Concrètement le nouvel album sortira courant 2011, la date a dû être déplacée en raison de la tournée. Ce que je peux dire c’est que tout en gardant notre univers sombre et féerique et le côté trilingue, Markize a beaucoup évolué depuis Transparence et cette évolution sera effective dans ce disque.

« L’album sera plus électro,
plus énergique, plus personnel encore,
je pense qu’il va étonner ! »

D’ailleurs, nos fans présents sur la tournée ont déjà pu se rendre compte de cette évolution avec les titres du 2e album que l’on a joué en live. L’album sera plus électro, plus énergique, plus personnel encore, je pense qu’il va étonner ! Le thème commun à toutes les chansons est le sentiment humain, les remous de l’âme face à diverses situations, la temps qui passe, le monde dans lequel on vit et le regard porté dessus.

Le groupe au complet (de g. à d.) : Alina Dunaevskaya (voix/claviers), David Verbecq (batterie),
Julien de Feyssal (basse) et Franck Chentrier (guitares). [© Alexandre Langer]

Comment se déroule une session de travail de Markize (qui compose, qui écrit, etc…) ?

La composition se fait assez naturellement, il n’y a pas de règle particulière. Pour ce deuxième album précisément, certains riffs/chansons ont été apportés par Franck (guitares), puis arrangés en groupe, d’autres par moi (piano, nappes de sons, rythmiques), ou encore des chansons composées en duo par Franck et moi. Une fois la base de la chanson terminée j’arrange l’ensemble. C’est moi qui écris la majorité des textes, mais dans cet album Franck a également participé à l’écriture de deux chansons.

« J’ai été ravie que le russe
plaise autant en France ! »

Tu chantes russe, anglais et français, as-tu une préférence ?

J’aime beaucoup chanter dans les trois langues, et le choix se fait spontanément selon la dynamique de la chanson et la mélodie. J’avoue que j’adore écrire en Français, langue que je trouve très littéraire, très riche et poétique. Mais mélodiquement le russe est l’anglais sont très intéressantes, les sonorités en sont chantantes et vraiment agréables à travailler. J’ai été d’ailleurs ravie que le russe plaise autant en France !

Alina invitée à chanter un duo sur Le Prince bleu avec RoBERT à l’Olympia le 27 mars 2010.

Quelles sont tes influences ?

Elles sont diverses, et surtout ne se limitent pas à la musique pure. En tant que danseuse à la base, je puise beaucoup dans cet art, les ballets classiques russes notamment d’un point de vue mouvance scénique. J’adore également la haute couture (Thierry Mugler, Jean-Paul Gautier, Gallano, Alexander McQueen) qui m’inspire pour dessiner mes tenues de scène. Musicalement, je suis très éclectique et ouverte à tout style, pourvu que la musique et l’émotion qui s’en dégage me touchent.
’écoute autant du métal, du rock, de la pop, que du classique ou du trip hop, de l’electro ou certains artistes Rap même. Parmi les artistes qui me touchent le plus je citerai : Depeche mode, K’s choice, Massive attack, Linkin Park, Muse, Zazie, Mylène Farmer, Tori Amos, Aaron, Katy Melua, Deftones, Delirium, Korn, Radiohead, Mozart…

« J’adorerai chanter avec
Chester Bennington (Linkin Park)
et/ou Matthew Bellamy (Muse) »

Ta salle de concert rêvée ? Ton duo rêvée ?

En tant qu’amatrice d’art ancien je dirai l’opéra Garnier ! Mais en terme de salle de concert je crois que le groupe aimerait se produire à l’Olympia un jour.
J’ai eu la chance d’y être invitée pour chanter un duo avec la très talentueuse artiste Robert le 27 mars dernier lors de la représentation de son spectacle Ange & Démon (le DVD est d’ailleurs disponible à la vente) et ça a été une expérience merveilleuse, alors ce serait un plaisir de la renouveler avec Markize cette fois !
J’adorerai chanter avec Chester Bennington (Linkin Park) et/ou Matthew Bellamy (Muse), ils ont des voix extraordinaires !

Alina [© Alexandre Langer]

Un film peut-il t’influencer pour écrire/ composer, si oui lesquels ?

Oui complètement. Memento (de Christopher Nolan) notamment m’a inspiré le texte d’une chanson. En général des films qui creusent dans l’esprit et la psychologie humaine me touchent et m’inspirent énormément.

Un dernier mot pour conclure ?

Merci à nos fans, ceux qui nous suivent depuis nos débuts, et les nouveaux que l’on a rencontré sur nos tournées, vous êtes notre énergie et notre force ! On vous donne rendez-vous pour le nouvel album !

The Angel’s Tale, l’une des premières chansons écrite par le groupe, jamais éditée, qui ne fera pas partie du 2e album, a été remixée et remasterisée. Elle est disponible en téléchargement légal sur iTunes.
• La maquette de Miroir, premier extrait du second album, est en écoute sur le MySpace du groupe : www.myspace.
com/markize
.
• Le nouvel album sort courant 2011.
Transparence, le premier opus de Markize, est toujours disponible : 15 titres et 3 vidéos bonus.
• Le groupe sera en live le samedi 12 mars prochain, au Cabaret Aléatoire, à Marseille, pour la Red Note, une soirée
unique où la musique se mélange à la mode (plus d’infos sur l’event Facebook).

■ À propos de cette interview : Elle a eu lieu par échange mails pendant plusieurs semaines. Si ma mémoire est bonne, Alina a eu la gentillesse d’accepter après notre rencontre à un de ses concerts en mai 2009. Pas mal de temps s’est écoulé puis on a décidé de terminer une bonne fois pour toute cette interview, il y a peu, en mettant l’accent sur la tournée avec Tarja et donner quelques news pour faire patienter les fans avant l’arrivée du nouvel album. Le PDF est un cadeau pour eux.

Inception de Christopher Nolan

« Christopher Nolan est un Dieu », voici la première phrase qui vous vient à l’esprit à la fin d’Inception. Juste avant un : « Il faut que je le revois ! ».
Inception est complexe : un thriller fantastique, futuriste, riche, intelligent, dans lequel on plonge littéralement l’esprit pendant 2h30 non-stop, sans temps mort, sans ennui, sans frustration, avec un plaisir immense.
[Cet article ne contient aucun spoilers.]

Dom Cobb (DiCaprio) vole régulièrement des secrets, des idées, enfouis dans le subconscient ou la mémoire de quelqu’un, à travers ses rêves. Pour cela il s’introduit dedans et trouve ce qu’il cherche dans un labyrinthe de paradoxe temporel et gravitationnel. Sa nouvelle mission consiste non pas à récupérer une idée dans un rêve, mais en « insérer » une : faire en sorte que sa victime décide sciemment de faire un choix (politique et social), pour cela une seule méthode : l’inception ! Modifier le subconscient dans l’imaginaire, d’un rêve dans un autre rêve…

« Scénario parfait, mise en scène excellente, musique troublante,
effets-spéciaux réussi, casting sans défauts… »

Nolan prouve qu’il peut se surpasser, innover, produire et écrire (une histoire rédigée sans l’aide de son frère, Jonathan Nolan, ou d’un autre scénariste) un film original, fouillé, pas forcément évident aux premiers abords, et pourtant accessible pour peu qu’on soit concentré. Son scénario est parfait, tout simplement, et sa mise en scène est excellente. La musique, du fidèle Hans Zimmer est troublante, inquiétante, idéale ! Et les effets-spéciaux criant de réalisme. Que demander de plus ?

Le casting cinq étoiles ne possède aucun défaut : Leonardo DiCaprio, le voleur en proie à des démons intérieurs, Joseph Gordon-Levitt, l’organisateur à la grande classe, Ken Watanabe, l’homme riche et puissant, sont impeccables. Tom Hardy, vu dans le terrible Bronson assure la partie cool et comique du film avec brio, Marion Cotillard, mystérieuse et élégante ne fait pas tellement tâche bien au contraire et Ellen Page (Juno), l’architecte du monde des rêves insuffle toute la légèreté adolescente, naïve et féminine qui fait son charme, sans elle Inception serait bien « lourd » avec tous ces mecs ! Enfin, deux habitués des films de Nolan : Cillian Murphy (Le Vent se lève) qui, malgré un rôle secondaire, brille par son charisme, et pour finir Michael Caine, toujours aussi bon dans un court passage.

« Inception est une sorte de fusion des anciens films de Nolan,
l’aboutissement de ses créations, déjà sublimes »

Inception fait indubitablement penser à Matrix (pour la partie monde réel/imaginaire), à Shutter Island (pour le rôle de DiCaprio, ses conflits intérieurs et la musique), Mission : Impossible et James Bond (pour le côté espionnage/action) mais surtout, il rappelle les autres films de Nolan : Memento, Dark Knight, Le Prestige… comme si Inception était la fusion de tout ça, l’aboutissement de ses créations, déjà sublimes. Chapeau l’artiste ! Le pire, c’est qu’une fois sorti de la salle, on se dit que Nolan, ce réalisateur, ce génie, est capable de réussir un Batman 3 supérieur à The Dark Knight !

NB : A voir en ImaX si possible ! D’ailleurs, l’avenir du cinéma ne sera pas en 3D, mais plutôt en ImaX 3D, mais ceci est un autre débat…

■ Vu en avant-première privée en Imax une petite semaine avant sa sortie, je suis ressorti complètement chamboulé en ayant vu Inception. Cette critique est très simple, très soft, car je ne voulais pas en dire trop, éviter de spoiler ce chef d’œuvre aux Internautes. J’écrirai sans doute un article beaucoup plus détaillé et complexe quand j’aurais le DVD ! Oubliez la promo axée sur l’action sur « la scène du crime », tout ça c’est pipo et n’a pas grand chose à voir avec le film, qui est également très émouvant.  En trois jours aux États-Unis, le film a déjà engrangé 60,4 millions de dollars de recettes ! Avec une fin ouverte, une suite est possible (plus d’infos ici), bonne idée ?