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Interview : Alina Dunaevskaya de Markize

[Découvrez cet article avec une mise en page spéciale sur un joli PDF de 6 pages,
à télécharger gratuitement en cliquant sur ce texte !!]

D’origine russe, Alina commence sa carrière par le conservatoire en danse classique, pendant 10 ans, et le solfège. Elle a aussi été danseuse/comédienne/choriste dans des opérettes par la suite. En 2003, elle rencontre David Verbecq (le batteur), et fonde Markize.
La première démo, Poussières de vie, sort l’année suivante et l’album Transparence en mars 2007. Les réceptions critiques sont positives, le disque est en rupture de stock quelques mois plus tard, une réédition sort en 2009, avec trois titres bonus, dont deux acoustiques, et des vidéos.

Alina [© Angéline Bésigot]

Markize à ouvert Tarja en automne 2010, comment s’est déroulée cette aventure ?
C’est elle qui est venue vers vous ou bien la prod ?

Nous étions en relation avec sa prod il y a quelques mois, et ils nous ont contacté pour nous proposer cette tournée concrètement au mois de septembre. Ça a été une merveilleuse nouvelle, nous n’avons pas hésité une seule seconde de répondre à la positive malgré la préparation du nouvel album. Nous avons fait une pause dans l’enregistrement et sommes partis en tournée avec Tarja en octobre, novembre et décembre dernier.
Nous avons joué en Pologne, République Tchèque, Ukraine, Hollande, Angleterre, Suisse, France, et enfin clôturé cette belle tournée par la Finlande, quoi de plus féerique en cette période de fête !
Le management de Tarja nous a proposé de continuer de faire toute la tournée de décembre avec elle, mais nous avons jugé plus raisonnable de nous poser pour terminer le second album, afin de ne pas prendre plus de retard sur la sortie et contenter nos fans.

« Nous recevons encore aujourd’hui
quantité de messages adorables
de fans de toute l’Europe ! »

Ça a été une expérience fabuleuse et l’accueil du public a été absolument époustouflant, nous ne nous attendions pas à autant de soutien ! Nous recevons encore aujourd’hui quantité de messages adorables de fans de toute l’Europe, et avons même été félicités très chaleureusement par le fanclub officiel polonais de Tarja, WinterStorm Poland.
Tarja nous a énormément soutenu également, et nous a rapporté que les fans disaient que nous étions leur meilleur groupe de première partie. C’est extrêmement touchant, ils nous apportent une telle énergie, une telle force, on se sent plus fort que jamais pour attaquer cette nouvelle année !
On s’attèle aujourd’hui en studio à terminer le nouvel album car nous avons vraiment hâte de partager de nouveaux moments de complicité, avec nos anciens et nouveaux fans en 2011.


Clip de Mon Ange

Un duo, quelque chose, est-il prévu avec elle ?

Pas pour le moment, le nouvel album est composé et nous sommes en plein enregistrement, mais pourquoi pas dans le futur !

Le second album devait sortir fin 2010, peut-on avoir une date et des infos dessus ?

Concrètement le nouvel album sortira courant 2011, la date a dû être déplacée en raison de la tournée. Ce que je peux dire c’est que tout en gardant notre univers sombre et féerique et le côté trilingue, Markize a beaucoup évolué depuis Transparence et cette évolution sera effective dans ce disque.

« L’album sera plus électro,
plus énergique, plus personnel encore,
je pense qu’il va étonner ! »

D’ailleurs, nos fans présents sur la tournée ont déjà pu se rendre compte de cette évolution avec les titres du 2e album que l’on a joué en live. L’album sera plus électro, plus énergique, plus personnel encore, je pense qu’il va étonner ! Le thème commun à toutes les chansons est le sentiment humain, les remous de l’âme face à diverses situations, la temps qui passe, le monde dans lequel on vit et le regard porté dessus.

Le groupe au complet (de g. à d.) : Alina Dunaevskaya (voix/claviers), David Verbecq (batterie),
Julien de Feyssal (basse) et Franck Chentrier (guitares). [© Alexandre Langer]

Comment se déroule une session de travail de Markize (qui compose, qui écrit, etc…) ?

La composition se fait assez naturellement, il n’y a pas de règle particulière. Pour ce deuxième album précisément, certains riffs/chansons ont été apportés par Franck (guitares), puis arrangés en groupe, d’autres par moi (piano, nappes de sons, rythmiques), ou encore des chansons composées en duo par Franck et moi. Une fois la base de la chanson terminée j’arrange l’ensemble. C’est moi qui écris la majorité des textes, mais dans cet album Franck a également participé à l’écriture de deux chansons.

« J’ai été ravie que le russe
plaise autant en France ! »

Tu chantes russe, anglais et français, as-tu une préférence ?

J’aime beaucoup chanter dans les trois langues, et le choix se fait spontanément selon la dynamique de la chanson et la mélodie. J’avoue que j’adore écrire en Français, langue que je trouve très littéraire, très riche et poétique. Mais mélodiquement le russe est l’anglais sont très intéressantes, les sonorités en sont chantantes et vraiment agréables à travailler. J’ai été d’ailleurs ravie que le russe plaise autant en France !

Alina invitée à chanter un duo sur Le Prince bleu avec RoBERT à l’Olympia le 27 mars 2010.

Quelles sont tes influences ?

Elles sont diverses, et surtout ne se limitent pas à la musique pure. En tant que danseuse à la base, je puise beaucoup dans cet art, les ballets classiques russes notamment d’un point de vue mouvance scénique. J’adore également la haute couture (Thierry Mugler, Jean-Paul Gautier, Gallano, Alexander McQueen) qui m’inspire pour dessiner mes tenues de scène. Musicalement, je suis très éclectique et ouverte à tout style, pourvu que la musique et l’émotion qui s’en dégage me touchent.
’écoute autant du métal, du rock, de la pop, que du classique ou du trip hop, de l’electro ou certains artistes Rap même. Parmi les artistes qui me touchent le plus je citerai : Depeche mode, K’s choice, Massive attack, Linkin Park, Muse, Zazie, Mylène Farmer, Tori Amos, Aaron, Katy Melua, Deftones, Delirium, Korn, Radiohead, Mozart…

« J’adorerai chanter avec
Chester Bennington (Linkin Park)
et/ou Matthew Bellamy (Muse) »

Ta salle de concert rêvée ? Ton duo rêvée ?

En tant qu’amatrice d’art ancien je dirai l’opéra Garnier ! Mais en terme de salle de concert je crois que le groupe aimerait se produire à l’Olympia un jour.
J’ai eu la chance d’y être invitée pour chanter un duo avec la très talentueuse artiste Robert le 27 mars dernier lors de la représentation de son spectacle Ange & Démon (le DVD est d’ailleurs disponible à la vente) et ça a été une expérience merveilleuse, alors ce serait un plaisir de la renouveler avec Markize cette fois !
J’adorerai chanter avec Chester Bennington (Linkin Park) et/ou Matthew Bellamy (Muse), ils ont des voix extraordinaires !

Alina [© Alexandre Langer]

Un film peut-il t’influencer pour écrire/ composer, si oui lesquels ?

Oui complètement. Memento (de Christopher Nolan) notamment m’a inspiré le texte d’une chanson. En général des films qui creusent dans l’esprit et la psychologie humaine me touchent et m’inspirent énormément.

Un dernier mot pour conclure ?

Merci à nos fans, ceux qui nous suivent depuis nos débuts, et les nouveaux que l’on a rencontré sur nos tournées, vous êtes notre énergie et notre force ! On vous donne rendez-vous pour le nouvel album !

The Angel’s Tale, l’une des premières chansons écrite par le groupe, jamais éditée, qui ne fera pas partie du 2e album, a été remixée et remasterisée. Elle est disponible en téléchargement légal sur iTunes.
• La maquette de Miroir, premier extrait du second album, est en écoute sur le MySpace du groupe : www.myspace.
com/markize
.
• Le nouvel album sort courant 2011.
Transparence, le premier opus de Markize, est toujours disponible : 15 titres et 3 vidéos bonus.
• Le groupe sera en live le samedi 12 mars prochain, au Cabaret Aléatoire, à Marseille, pour la Red Note, une soirée
unique où la musique se mélange à la mode (plus d’infos sur l’event Facebook).

■ À propos de cette interview : Elle a eu lieu par échange mails pendant plusieurs semaines. Si ma mémoire est bonne, Alina a eu la gentillesse d’accepter après notre rencontre à un de ses concerts en mai 2009. Pas mal de temps s’est écoulé puis on a décidé de terminer une bonne fois pour toute cette interview, il y a peu, en mettant l’accent sur la tournée avec Tarja et donner quelques news pour faire patienter les fans avant l’arrivée du nouvel album. Le PDF est un cadeau pour eux.

Main Square Festival d’Arras 2009 : Festival de Prix !

(Article écrit en février 2009.)

arras-2009

Le coût d’une place de concerts est-il trop exorbitant ? Ça fait longtemps que l’on est tenté de répondre oui. En moyenne 30 euros pour 1h30 de show, et au bas mot 50 dès que le groupe est internationalement connu (Radiohead, Muse…). Lors d’un festival c’est différent : on paie cher car on voit plusieurs artistes. Mais le problème qualité/prix n’est pas résolu pour autant. Prenez par exemple le « Main Square Festival », qui se déroule à Arras, dans le nord de la France, depuis 2004. Cette année, de prestigieux groupes s’afficheront pendant 4 jours : Coldplay, Placebo, Franz Ferdinand, ou encore les artistes Moby, Lenny Kravitz et Duffy. La programmation fait baver n’importe quel mélomane puisque différents genres musicaux se succèderont, du rock à l’électro, en passant par de la pop ou de la soul.

Alors oui, ces quatre jours vont sans doute être géniaux pour les quelque 30.000 festivaliers  attendus qui se déplaceront. Mais ce qui va être génial aussi, c’est la chute du compte en banque ! En effet, les places, mises en vente depuis le mardi 10 février, vont de 55 euros la journée à… 175 euros le pass 4 jours ! Trop cher ? Pas forcément selon le fan, pour qui chaque journée revient à un peu moins de 45 euros, sachant qu’il y a des petits groupes, plus indépendants, qui se produisent entre les têtes d’affiches. Peut-être, mais le déplacement ? Le logement ? Des campings sont mis en place, mais cela suffit-il vraiment à satisfaire le modeste budget alloué à un public majoritairement jeune ? Certainement pas.

Ils sont malins, les créateurs du festival, ils proposent des pass 3 ou 4 jours, les plus chers, mais pas de 2 jours consécutifs. Il y a donc soit le minimum syndical, une journée à 55 euros, soit le maximum, un pass 3 ou 4 jours, incluant donc 2 ou 3 nuits, à 125 euros minimum. Pour voir pendant une bonne heure une tête d’affiche, pendant quatre heures des groupes pas connus, bons ou pas, et attendre le reste du temps, serré comme des sardines, sentant bon la sueur, pour peu qu’il pleuve et que les concerts soient annulés, on sera ravi de ce festival. Ne soyons pas totalement mauvaise langue, la musique, cet art si merveilleux, procure sensations, frissons, émotions, et vaut le déplacement, des frais certes, mais à quel prix ? Quelle solution idéale permettrait de voir davantage de live moins cher ? L’arrêt du téléchargement gratuit ? Non, car mine de rien, ça fait de la promo à un groupe. Que quelqu’un trouve une idée et vite !

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À propos de cet article : il s’agit donc d’un billet d’humeur (sans première personne du singulier), rédigé au moment de l’annonce de la mise en vente des billets. Il fait partie d’une série d’édito, billet d’humeur et chronique, que je devais écrire pour mon école de journalisme.

Pour l’anecdote, cette guerre des prix a continué en juin 2009 car le festival était à peine rempli, il y a eu une énorme baisse des prix places. Ceux qui ont acheté leur billet au prix fort (comme moi), n’ont pas eu de remise ou autre. Personnellement je m’en moque un peu, ça ne me dérange pas de payer 55 euros pour voir Placebo. Mais cette politique commerciale était tout de même scandaleuse. Le Monde en avait même fait un article.

Caos Calmo

■ À l’occasion de la sortie en DVD, la semaine dernière, du film Caos Calmo, voici ma critique publiée sur Box(e) movies.

Caos Calmo est un grand film. Un grand film poignant et poétique. L’histoire de cet homme, Pietro, qui se retrouve « seul », avec sa fille de 10 ans, après le décès soudain de sa femme nous touche, mais sans tomber dans un pathos extrême, et pourtant logique. Et cela grâce à l’immense talent de Nanni Moretti qui, paradoxalement à son statut de veuf, est enclos à une absence totale d’émotions, tout du moins de « crise » et de « tristesse ». C’est là la première force et originalité du film, de ce pari risqué, néanmoins réussi.

Pietro, veuf étrangement calme (Nanni Moretti).

Par la suite, l’histoire développe l’évolution de ce deuil peu commun et, surtout, la nouvelle relation qui naît entre un père peut-être trop absent et sa fille, peut-être pas tant que ça en manque de (re)pères. Cette raison de vivre semble nouvelle pour Pietro, comme si le paternel prenait -enfin- conscience de ce qui lui était cher, et que le reste, travail, argent, loisirs, n’avait -finalement- guère d’importance. Certes cela peut paraître un poil trop cliché, trop facile même, mais pourtant ça marche grâce à la mise en scène fluide d’Antonello Grimaldi, et la performance de Moretti bien sûr. Dont on attend, avec lui, cet éclat en sanglot, celui qui viendra briser ce « chaos calme » qui règne dans son corps.

« Et la magie opère, le spectateur suit ce petit bout de vie de personnages attachants avec plaisir et émotion »

On pense donc qu’on va accompagner la nouvelle vie de Pietro entre son bureau, sa maison et ses nouvelles responsabilités envers sa fille. Finalement on ne va le suivre qu’autour d’un endroit unique et insolite : un petit parc situé en face de l’école de la petite Claudia, sa fille (subtile et douce Blu Di Martino). À partir de là, un défilé de personnages secondaires va rendre visite à Pietro et se confier à lui. Certains leur parlent de leur incompréhension face à cette situation, comme ses collègues (Berling, Podalydes…) et sa famille, (son frère et sa belle-sœur, excellents Alessandro Gassman et Valeria Golino). De parfaits inconnus sont aussi de passage autour de Pietro (un handicapé mental, une joggeuse… (SPOIL : Et même Roman Polanski)) et vont devenir des pièces maîtresses dans cette nouvelle bulle de vie.

Pietro et son frère, sur le fameux banc du parc (Nanni Moretti et Alessandro Gassman).

Et la magie opère, le spectateur suit ce petit bout de vie de personnages attachants avec plaisir et émotion, le tout ponctué par une sublime musique composée par Paolo Buonvino, qui avait déjà officié sur Napoléon (et moi), Leçons d’amour à l’Italienne, Romanzo criminale, et Souviens-toi de moi, entre autre. Ces chansons enivrantes accompagnent mélancoliquement la nouvelle vie de Pietro. Le morceau Pyramid Song, de Radiohead, envoûte encore plus le spectateur lors d’une séquence mémorable, lorsque la douleur se présentera enfin…

« Pietro est avant tout un humain, il a besoin de sexe, de toucher un corps, de faire l’amour, de jouir »

La fameuse scène de sexe (avec la magnifique Isabella Ferrari), crue et sauvage, qui vient casser tout ce qui avait été instauré dans le film, permet de montrer avec habilité, à nouveau le côté humain de Pietro. Car si ce contraste brutal survient vers la fin du film ce n’est pas vraiment pour nous faire croire que Pietro a fait son deuil et qu’il peut passer à autre chose. Non, Pietro est avant tout un humain, il a besoin de sexe, de toucher un corps, de faire l’amour, de jouir. Pense-t-il encore à sa femme ? Y a t-il, de toute façon, déjà pensé autant avant qu’elle soit morte ? Au spectateur de trouver sa propre réponse.

Pietro et la belle Eleonora (Nanni Moretti et Isabelle Ferrari).

Parmi tous les personnages qui tournent autour de la vie de Pietro, autour de son banc, dans ce petit parc face à l’école de sa fille, finalement ce sont deux femmes, inconnues, qui deviendront les plus importantes. L’une, accompagnée de son chien, sera un peu comme le spectateur, intriguée face à cet homme seul, un peu bizarre et que tout le monde embrasse. (SPOIL L’autre, celle avec qui il aura ce rapport sexuel violent, est, paradoxalement, la femme qu’il aura sauvé d’une noyade au début du film, au moment où son épouse meurt…)

« Un grand film poignant »

Le seul défaut du film serait peut-être sa longueur. Car en plus d’un rythme déjà lent, ce qui n’avantage pas le spectateur, le film est long, un peu moins de deux heures. Un montage plus court, moins dense aurait été apprécié. Mais peut-être qu’ainsi le long-métrage nous paraît plus réaliste. Comme l’ont souligné certains médias, si Moretti avait lui-même mis en scène cette histoire, tiré d’un roman éponyme de Sandro Veronesi, peut-être que Caos Calmo aurait séduit davantage de monde.

Peu importe, il n’en reste pas moins un grand film poignant.

À propos de cette critique : Je l’aime beaucoup ! Ce qui est plutôt rare… En effet je trouve qu’elle se lit « bien », qu’il y a une linéarité claire et agréable, l’ensemble est « fluide ». Tous les éléments sont là : le casting, l’histoire, les bonnes choses, les moins bonnes, la musique, etc. Je n’ai pas parlé de la photographie du film car elle reste très basique. Le texte est sensiblement différent que celui déjà en ligne sur Box(e) movies, quelques modifications mineures, pour plus de clarté. Bref un film coup de cœur qui vous bouleverse pas mal après la projection. Je vous invite à lire la critique de Mathieu Stosse, toujours sur Box(e) movies, qui lui n’a pas aimé du tout, quel homme insensible !