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L’étrange histoire de Benjamin Button…

…ou comment se laisser envoûter pendant 2h30 par la vie extraordinaire, et paradoxalement si proche de nous, de cet homme, né vieillard en 1918 et qui rajeunit avec le temps.

Brad Pitt interprète cet étrange Benjamin Button, tout le long du film, de l’octogénaire ridé au jeune premier de 20 ans. On suit son parcours, son « enfance », sa famille, ses voyages et ses histoires de cœur, notamment avec Daisy, Cate Blanchett, qui excelle dans son rôle de danseuse déchue.

Toute une vie qui tourne à l’envers, une vie qui n’a pas le même sens, comme la belle horloge fabriquée par Monsieur Gâteau, désireux de voir son défunt fils revenir d’entre les morts et donc, de remonter le temps. Une scène d’introduction au film qui permet de mieux saisir la notion de temporalité, d’amour et de mort qui règne sur le monde évidemment, mais particulièrement sur ce nouveau long-métrage de David Fincher (Zodiac, Seven, Fight Club), qui signe ici sa troisième collaboration avec l’acteur vedette.

 » La magie opère « 

La première force de ce mélodrame fantastique se trouve d’abord dans les effets spéciaux. Entre le maquillage, à peu près 5 heures pour Brad Pitt à 80 ans, et les retouches numériques en post prod, le talent est bien présent, la magie opère : on y croit. On se laisse émerveiller par les différents visages, de Pitt et Blanchet, aux différentes époques. Surpris de les voir vieux puis jeunes, ou vice-versa, avec une crédibilité touchante, entraînante et bluffante.

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L’étrange histoire de Benjamin Button | Bande-annonce (vost)

Passée cette incroyable prouesse technique qui hypnotise chaque spectateur, celui-ci se délecte ensuite des échantillons d’une vie finalement pas si éloignée de la nôtre : les yeux pétillants d’un enfant qui découvre l’art, via du Shakespeare conté à Pitt enfant sur son visage âgé. Mais aussi le dépucelage, adolescent, le premier amour, l’envie de voyager, le travail, la mort de proches parents et presque la paternité. Tout cela autour d’une belle histoire d’amour complexe et des réflexions sur les choix de vie, mélangées à de petites touches d’humour, parsemées discrètement. Des événements qui risquent d’en agacer certains, qui n’y verront là aucune originalité et s’ennuieront ferme.

« Fincher signe un chef-d’œuvre du septième art « 

Et pourtant, pour les autres, le fabuleux destin de Benjamin Button est émouvant, prenant et poignant. Des airs de Forrest Gump dans l’histoire, de Jean-Pierre Jeunet dans la forme, notamment lors d’une scène au milieu du film, narrant différents destins croisés de plusieurs points de vue rapidement, ou encore dans l’esthétisme global des séquences : les couleurs chaudes du passé, et celles glaciales du présent. Comme si le meilleur moment à vivre était déjà vécu… mais que le temps continue de passer, comme nous le rappelle l’horloge de Monsieur Gâteau, qui ne s’arrête pas, qui tourne toujours à l’envers, même abîmée et usée, et qui clôt brillamment l’intimité installée entre le spectateur et les acteurs.

Difficile de décrire un film comme L’étrange histoire de Benjamin Button tant il se vit de l’intérieur, en fonction de ses propres souvenirs. Impossible de ne pas avoir les yeux humides en voyant cette fresque romantique et magnifique. David Fincher signe à nouveau un chef-d’œuvre du septième art et le meilleur film de ce début d’année.

■ À propos de cet article : Rédigé pour mon cours de journalisme sur la critique et le commentaire. J’en ai profité pour en faire un Pour/Contre sur mon autre blog consacré uniquement au cinéma : Box(e) Movies. Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas écrit une critique cinéma. J’aime beaucoup celle-ci car elle s’ouvre et se ferme comme dans le film avec l’histoire de l’horloge montée à l’envers. SPOILERS : D’ailleurs, ne pensez-vous pas que Monsieur Gâteau est le père de Benjamin, celui se réincarnant dans ce bébé qui vit à l’envers par la suite ? Je vais peut-être un peu loin, mais il y a plein de similitudes : la mère noire, le père sur un bateau, on ne sait pas si il meurt ou pas…

PS : La pétition de fou sur http://www.theultimatejoker.com pour que plus personne n’interprête le Joker au cinéma depuis l’époustouflant jeu de Heath Ledger ! Bonne idée ?

Re-PS : J’ai ma place pour le concert de PLACEBO au festival d’Arras le 3 juillet prochain ! Leur nouvel album sort en juin, c’est trop koule !

20th Century Boys – L’adaptation cinématographique du manga

Un manga culte a été adapté au cinéma

Le film 20th Century Boys est sorti le 14 janvier dans une poignée de salles françaises. Ce n’en est pas moins un événement pour les fans de BD japonaises. Ce film est l’adaptation du manga culte de Naoki Urasawa (Monster). Rien qu’au Japon, il s’est vendu à 3,7 millions d’exemplaires en 2008 !

« Ce manga bénéficie d’une excellente réputation en France. Il a gagné à Angoulême le prix de la meilleure série en 2007 », précise le producteur exécutif du film. Divisé en trois volets, il a coûté plus de 35 millions d’euros, un record au Japon. L’histoire est complexe. En 1969, le jeune Kenji s’amuse avec ses copains à inventer un scénario catastrophe sur l’avenir. 30 ans plus tard, l’un de ses camarades est retrouvé mort. Et une secte mystérieuse, dirigée par un certain Ami, annonce la fin du monde… « Beaucoup d’images du manga ont été insérées telles quelles dans le film, pour ne pas trahir les attentes des fans », indique l’interprète de Kenji. Un concept insolite qui, selon lui, a plu à l’auteur du manga.

Quel mythique groupe de rock a composé un morceau nommé 20th Century Boys ? T. Rex.

■ À propos de cet article : Il est paru dans l’actu d’aujourd’hui (mardi 27 janvier). J’ai repris les quelques citations de la fameuse conférence de presse au Louvre, en août 2008. Dommage que le manque de place est empêché de citer plus de personnages ! En tout cas, j’espère que le film (très très bon d’ailleurs, il faut que j’aille le revoir à tout prix) sera vu par pas mal de monde, fans et non-connaisseurs de l’œuvre originale, malgré la faible distribution en salles… Toujours la même chose : blockbusters au pouvoir, films indé/d’auteurs/étrangers/zarbs à la trappe, putain de pays d’ouverture, de culture… Allez le voir, il est génial, lisez le manga, il est excellent ! (Et un jour j’écrirai des critiques sur les deux œuvres).

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Hier, je suis allé à une séance de projection « avant première cinéma » suivie d’une conférence de presse au Louvre. Donc pas d’article mode « presse » cette fois, mais vraiment mode « blog » avec du « moi je » et quelques photos :)

« 20th century toy, I wanna be your boy ! » Ce fameux refrain de la chanson de T-Rex (reprise par Placebo) est énormément entendu dans le film 20th Century Boys de Yukihiko Tsutumi tiré du manga éponyme de maître Urasawa. En gros, voici le résumé du film (copié-collé d’allôciné car j’ai la flemme) : En 1969, Kenji et sa bande de copains passent leurs vacances d’été à rêver de l’exposition universelle d’Osaka et à s’inventer un scénario catastrophe de fin du monde depuis une base secrète improvisée dans un terrain vague. A cette époque, Kenji voulait devenir une rock star et sauver l’humanité. 1997 : Kenji aide sa mère dans la supérette de quartier tout en jouant la baby-sitter pour sa nièce Kanna. Ses rêves de gamin resurgissent lorsque la police le questionne sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le « cahier des prédictions » de sa bande lorsqu’il était enfant. Le compte à rebours commence, la fin du monde est proche…

Plein d’infos également ici : www.20th-century-boys.fr, le site officiel du film avec notamment la galerie personnages/acteurs qui permet de se rendre compte du joli travail de casting !

La projection presse a eu lieu au Publicis sur les Champs-Élysées, à 14h. L’avant première mondiale ouverte à tous et gratuite était à 20h. L’équipe du film (acteurs et sans doute une partie de la « technique » : producteurs et réalisateurs) venait à la fin de la séance. Un quizz était organisé, bref de quoi faire rêver tous les fans ! Le cinéma était, pour l’occasion, garnie d’affiches :

Parlons un peu du film (avant un article plus complet lors de la sortie en salle, prévue pour la fin d’année, ou au pire en janvier 2009). J’ai pensé à un mot pendant les 2h30 du métrage : excellent ! Excellent parce que ce film est l’aboutissement complète de l’œuvre d’Urasawa (qui a participé à la sélection des acteurs et qui supervisait tout de même l’ensemble de la trilogie), ce n’est pas un film de complément, ou un film « bidon », non, c’est 20th Century Boys ! Les personnages sont exactement ceux qu’on a vu, qu’on a lu, quelques semaines, mois ou années plus tôt avec plaisir lorsqu’on découvrait les bandes dessinées. C’est en cela que réside la principale force du film de Yukihiko Tsutumi, une adaptation très très (trop ?) fidèle au manga. Bien sûr on ne peut pas tout explorer comme dans le livre, bien sûr deux suites vont venir, mais ce premier chapitre, « L’avènement », est un excellent départ ! Quelle joie de retrouver Kenji, Maruo, Yukiji, Otcho et tous les autres à l’écran ! Les traits d’Urasawa prennent divinement forme sous nos yeux, le dynamisme du récit, l’histoire puzzle, les différentes générations et bien sûr les références rock sont présents, réalistes et incroyablement bien livrés ! Le seul hic, j’en ai trouvé un, c’est que 20th Century Boys est destiné aux fans de l’œuvre de départ. Je vois difficilement un spectateur lambda ou un non-connaisseur du manga juger ce film excellent et -surtout- le trouver crédible. On verra bien… Enfin moi je suis fan et je lui mets direct 7/7 (oui je note sur 7, plus d’infos dans l’onglet cinéma).

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20th Century Boys | Bande-annonce (vost)

Nous avions ensuite rendez-vous au musée du Louvre (!) qui est fermé au public le mardi paraît-il. Après avoir reçu un prestigieux autocollant « PRESS » en rouge et blanc avec du japonais écrit dessus, nous sommes descendus dans la salle de La Joconde. (Je n’avais jamais vu La Joconde (oui j’habite Paris et je n’ai jamais visité Le Louvre, La Tour Eiffel…), j’étais déçu ! C’est un tout petit tableau au milieu d’un mur de 10 mètres de haut sur 10 mètres de large ! Wah !). Bref dans cette grande salle avait lieu les interviews de 3 personnes de l’équipe du film : Seiji Okuda (producteur exécutif), Toshiaki Kurasawa (l’acteur qui interprête Kenji) et Takako Tokiwa (qui joue Yukiji). Ça a duré un peu plus d’une heure, très bon souvenir, surtout que j’ai pu « visiter » en accéléré le Louvre tout seul ! Yeah !

La politesse japonaise et leur courtoisie m’ont une fois de plus étonné et je suis toujours autant admiratif des coutumes de ce pays. Les questions/réponses n’étaient pas terribles et les traductions très simplifiées mais peu importe. Pour couronner le tout Takako Tokiwa est venue en jolie kimono, admirez !