Préface
Pascal Pacaly, l’auteur de Histoire(s) de mon groupe de musique vol. 1 et 2 ainsi que d’Il e(s)t elle, un recueil de poésies et nouvelles inspiré d’Indochine m’a fait l’immense plaisir et honneur de signer une préface que je vous livre ici pour vous donner l’envie…
Nul ne doute que John, Angélique et Élias sont le reflet certes de leur auteur mais aussi d’une certaine jeunesse de notre époque. En manque de repères, de certitudes, bref, d’amour. Une jeunesse désenchantée qui ne demande juste qu’on lui prenne la main et qu’on l’envoie au septième ciel. Au moins. Mais le monde est vicieux. La jeunesse ne doit pas grandir trop vite sous peine de se brûler les ailes. On prend feu si rapidement.
La première fois que j’ai lu ces nouvelles, j’y ai frissonné Bret Easton Ellis. Même rythme, même détachement dans le preécieux, dans le cœur, bref dans l’homme Humain. Être loin pour se cacher, pour se construire une armure contre les attaques du cœur, les attaques des immondes et de la solitude. La solitude, c’est d’ailleurs le mot-clé de cette œuvre. La solitude qui ronge une à une les âmes de ces personnes entre deux âges, ou plutôt entre deux mondes. Car comment devenir adulte sans éviter de souffrir ? La question est douloureuse, difficile. On voudrait exister, oui, tant dire aux autres qu’on a un besoin désespèré d’eux. Ne pas vivre en vain, c’est ça le but. Ne pas crever pour rien. Alors il faut s’élever, sentir les ailes pousser dans son dos. Sentir cet amour dans le cœur qui vous donne envie de continuer jour après jour.
La solitude est une chienne, une putain. Elle vous garde l’espoir, et le tue peu après. À petit feu. Cruelle et perverse. Tournant la lame du couteau si profond dans la chair qu’on voudrait ne plus ouvrir les yeux. Baisser les paupières sur un monde qui ne nous correspond pas, un monde qui ne veut pas de nous, et dont, forcément, on ne veut plus à notre tour.
Ce ne sera pas trahir un secret, Élias et John sont aussi deux des jeunes héros du film de Gus Van Sant, Elephant, qui défraya la chronique il y a quelques années. Encore une fois, romance d’une jeunesse perturbée, perdue, puisant dans son désarroi, une rage, une haine de l’ignorance qui les fera devenir sanglants. Il y a du gothisme, de la déception, de la douceur chez Élias, John et Angélique, tout comme chez Thomas Suinot. Car l’auteur est un peu des trois à la fois. Rêvant d’un monde meilleur et merveilleux mais n’héritant que d’une réalité pauvre et désolante. Déprimante. Mais puisqu’il faut bien exorciser ses démons, puisqu’il faut bien en parler à quelqu’un, la page blanche viendra remplir les silences douloureux. D’une page à l’autre, mot après mot, la douleur se livrera, belle et rebelle. Pour ne pas rester sourd et muet, pour être entendu, reconnu.
Il y a ceux qui pleurent dans leur lit sans trouver le courage de se lever, et d’une rage contenue, ceux qui y arrivent, qui décident de franchir le pas et d’écrire les larmes sur écran géant. Passer de l’un à l’autre n’est pas chose aisée tant il faut se livrer à un regard différent du sien et donc forcément dérangeant, si contradictoire. Mais le propre de toute âme solitaire est de vouloir donner, partager aux plus nombreux, aux plus réceptifs. Oui, le message est bel et bien passé, l’ouvrage sera le lien entre lui et nous, entre nous et lui. Une sorte de symbiose, un romantisme passionné de la souffrance qui donne une pureté aux mots et qui nous illumine toutes et tous. Homme, femme, ado ou adulte, au fond nous aspirons tous à la même chose. Ne pas partir, périr sans avoir tout donné, sans lui avoir pris la main.
Et d’un baiser déposé nous le lirons donc,
Nous le remercierons donc pour ces maux,
Parce qu’ils sont les nôtres.
Et qu’il a su trouver les mots.
Son myspace : www.myspace.com/ppacaly
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