Interview [Démission ou je détruis ta vie]

■ Par Hubert Camus, pour L’Étudiant Autonome (édition Île-de-France déc. 2011/ janv. 2012)


Pourquoi Baptiste est-il tellement haïssable ?

C’était voulu, et je suis content de voir que ça marche. Je voulais que les lecteurs se disent « C’est quoi ce connard ? » mais finalement, il ne l’est pas tant que ça : il a aussi ses problèmes. Il est pris dans une spirale violente mais petit à petit il parviendra à la « rédemption ».

Votre roman a une forme très théâtrale, et même cinématographique : la présentation des personnages fait penser à un découpage technique et certaines façons de mettre en place la conversation sont dignes d’une pièce de théâtre.
C’était voulu aussi : je privilégie autant la forme que le fond. C’était déjà le cas dans mon premier livre, La Mort de l’Amour. Je veux que le lecteur se dise « ça change ! », même si ça peut sembler étrange au début.

 

« Je veux d’abord transmettre des émotions, pas chercher un style. »

 

La présentation du roman saute aux yeux mais votre style très oral tout autant, pourquoi ce choix ?
Je ne me considère pas comme un « bon écrivain ». Je travaille dans le journalisme certes, mais je n’ai jamais étudié les lettres, la littérature, les styles etc. Je veux d’abord transmettre des émotions, pas chercher un style.

Revenons-en un instant sur le caractère de Baptiste. C’est un salaud, on comprendra plus tard pourquoi mais dès que vous évoquez Natacha, ça n’a plus rien à voir.
Avec Natacha, tout est différent. Ça lui tombe dessus, il est amoureux, point. Avec elle, il ne joue pas comme avec les autres femmes. Avec Natacha il découvre son côté romantique, niais. L’amour peut être une force pour devenir quelqu’un… disons de « moins pire » pour lui !